Théâtre
Cher menteur au Théâtre la Bruyère

Cher menteur au Théâtre la Bruyère

07 octobre 2012 | PAR Ruben Moutot

Adaptation d’une correspondance entre l’illustre George Bernard Shaw et l’actrice Béatrice Stella Campbell, la pièce « cher menteur » s’appuie sur un texte plein d’esprit et brillant d’humour, traduit par Jean Cocteau lui-même. Mais ce « casting » de rêve ne suffit pas à garantir ces deux ingrédients si indispensables à la scène : du rythme et de la prestance.

Le célèbre écrivain et critique irlandais obtint le prix Nobel en 1925. Fortement engagé sur le plan politique, il fut notamment influencé par les écrits de Marx dès son plus jeune âge. Il passa la plus grande partie de sa carrière au Royaume-Uni et ses pièces de théâtre, « Pygmalion » » mais aussi Sainte-Anne » demeurent ses œuvres les plus célèbres. Sa correspondance avec l’actrice Stella Campbell est un échange qui mêle réflexion littéraire, considération amoureuse et critique sociale. Les deux personnalités se perdent et se retrouvent, tout en partageant avec humour leurs sentiments, leurs avis, leurs regrets…

Ce qui est particulièrement difficile lorsque l’on adapte un échange épistolaire, c’est que la mise en scène repose pour beaucoup sur la performance des acteurs. En effet, il est plus probable de s’ennuyer lorsque l’on écoute deux personnages qui parlent en continu, que si l’on nous en propose un plus grand nombre, ce qui permet d’alterner. Et ici, le pari est malheureusement raté. Hésitants, manquant de ton, ne connaissant pas toujours leur texte, les deux acteurs nous enferment dans un dialogue souvent monotone, parfois même ennuyeux. A leur décharge, il faut reconnaître qu’incarner deux personnalités aussi charismatiques que le dramaturge irlandais et la célèbre actrice, n’était pas un mince pari. Pour reprendre cette magnifique phrase de Bernard Shaw « La solitude est atroce, surtout lorsque l’on est vraiment seul ». Les deux acteurs donnent malheureusement l’impression de l’être réellement…seuls.

« Cher menteur », D’après la correspondance de Béatrice Stella CAMPBELL et Bernard SHAW, Adaptation Jérome KILTY – Traduction Jean COCTEAU, Mise en scène Régis SANTON, Costumes Catherine GORNE ACHDJIAN, Lumières Laurent BEAL, avec Francine BERGE et Marcel MARECHAL.

Photo : Lot

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Ruben Moutot

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