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FAB 2021 : Michel Schweizer met en scène six singularités en quête de lumière

FAB 2021 : Michel Schweizer met en scène six singularités en quête de lumière

20 octobre 2021 | PAR Eriksen

Le Festival des arts de Bordeaux (FAB) est multidisciplinaire par essence. Mais, BôPEUPL [Nouvelles du parc humain], de Michel Schweizer à la manufacture CDCN de Bordeaux, est la seule proposition qui se revendique multidisciplinaire en elle-même. Qu’en est-il ?

Le FAB, Festival des Arts de Bordeaux, manifestation attendue pour son édition 2021 avec des mesures anticovid allégées a réussi une nouvelle fois à fédérer une trentaine de partenaires de toute la Métropole autour d’une programmation riche et variée. Le public a répondu présent. Nous avons repéré quelques perles.

Créé en 2016, le FAB est un festival pluridisciplinaire défendant les écritures contemporaines sous toutes leurs formes d’expression – performance, danse, théâtre, musique, arts visuels. Traditionnellement la manifestation fait la part belle aux démarches hybrides et inclassables. Condensé d’actualité artistique, il investit pendant trois semaines autant les salles que l’espace public de Bordeaux et sa Métropole, présentant premières françaises, créations, commandes in situ et inédits en tout genre d’artistes de Nouvelle Aquitaine et d’ invités internationaux pour 2/3 de la programmation.

Le festival se décline en spectacles, concerts, projets participatifs, rencontres et fêtes. Se jouant des genres et des disciplines, alliant culture « pop » et culture « savante », sa ligne éditoriale se fait tour à tour ludique, festive, irrévérencieuse, décalée, innovante, iconoclaste.

Précurseur d’un théâtre documentaire, Michel Schweizer réunit une nouvelle fois des individualités auxquels il offre la sécurité du groupe pour que s’exprime la singularité de chacun. Les précédents spectacles mettaient en scène une niche particulière d’individus (adolescents dans CHEPTEL, anciens danseurs dans CARTEL, enfants dans KEEP CALM, handicapés mentaux dans LES DIABLES). Dans BôPEUPL, il s’agit d’artistes : « six postures sociales singulières » vont interagir entre elles et s’exprimer à leur tour dans leurs « expériences partageables » d’acteurs, de chanteuse lyrique, de danseurs ou musiciens.

Michel Schweizer évite l’écueil de la juxtaposition multidisciplinaire grâce au courant qui circule entre les êtres. Il sors de BôPEUPL une solidarité compliquée mais réelle et l’impression d’un vécu commun prolongé qui vient de dialogues parfois étranges que seuls les acteurs semblent comprendre. Certes les individus sont souvent redondants, parfois même agressifs, mais le groupe joue un rôle de pondérateur, comme une régulation publique naturelle et fluide, à l’équilibre entre légitimité à s’exprimer et prise en compte de ceux qui entendent. Un texte du philosophe Dominique QUESSADA souligne en voix off l’inséparabilité des humains… ce sont les interfaces qui les constituent.

Une pièce remarquable pour explorer l’articulation entre individu et groupe.

Les 13, 14, 15 et 16 octobre.

La manufacture CDCN Bordeaux.

Distribution : c Aliénor Bartelmé, Patrick Bedel, Marco Berrettini, Jérôme Chaudière, Frank Micheletti, Frédéric Tavernini

Lecture des textes Pascal Quéneau

Production La Coma

Coproduction Les 2 scènes, scène nationale de Besançon, La Ménagerie de Verre, Le Théâtre d’Arles scène conventionnée d’intérêt national, art et création, nouvelles écritures, CCN Malandain, Ballet Biarritz, Scène nationale Carré-Colonnes, Bordeaux Métropole, La Manufacture, CDCN Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux, L’Onde Théâtre, centre d’art, Vélizy-Villacoublay, Espaces Pluriels, scène conventionnée danse, Pau, OARA, Le ZEF, scène nationale de Marseille, Centre national de danse contemporaine, Angers, Centre chorégraphique national de Caen en Normandie dans le cadre d’une Bourse d’écriture/ accueil en résidence et soutien Centre national de danse contemporaine, Angers, Compagnie de l’Oiseau-Mouche, Centre Chorégraphique National Roubaix Hauts-de-France

Crédit photo ©Frederic Desmesure

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