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FAB 2021 : Le libanais Charbel dans son Travail d’Hercule

FAB 2021 : Le libanais Charbel dans son Travail d’Hercule

20 octobre 2021 | PAR Eriksen

Pour sa 6e édition, Le FAB (festival des arts de Bordeaux) a ouvert ses portes au Liban, lourdement touché par la succession des catastrophes. « La dispersion du milieu » de Charbel aborde la catastrophe écologique sur un mode très atypique. 

Ce matin dès l’aube, sur la rive droite de la Garonne, la collecte a commencé. Charbel Samuel Aoun choisit, ramasse et empile sa matière première : le bois flotté. Sous le soleil de midi, il ahane dans la montée du pont contre le sol rugueux et les poteaux mal placés. Hirsute et maculé de boue, il traine mètre après mètre son énorme tas de bois sur le pont de Pierre. Certains passants interrogent, intrigués, s’agrégeant un temps au cortège. Mais c’est l’immense majorité des passants incurieux qui fait résonner l’œuvre : ils sont le décor de la « la vie normale » que Charbel traverse discrètement. Deux mondes parallèles : un présent et un passé ou futur.

Qu’est-ce donc que cet Hercule et son travail ? Expie-t-il quelque faute ? Est-ce un sacrifice ? L’effort et le courage sont-ils le sujet ? Suffisent-ils à justifier une œuvre artistique ?

En fin d’après-midi, Charbel a trainé sa matière 3 heures de plus et construit au pied de la flèche de Saint-Michel une sorte de pont rudimentaire, aérien et élégant, sans clou ni corde, uniquement avec le bois flotté bien agencé. Le savoir-faire architectural et plastique valide l’intensité de l’effort et fait œuvre. Le pont est au centre de la thématique. Charbel Samuel Aoun est heureux quand des spectateurs et spectatrices se l’approprient et y posent des figures animales ou humaines qu’ils ont moulées dans le limon de la Garonne amené par ailleurs.

Courage physique, discrétion, absence de discours et simplicité des matériaux relèguent le dire à l’arrière du faire le temps d’une œuvre éphémère.

Crédit Photo ©Yara Nammour

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