Danse

Une soirée partagée sous le signe de l’interculturel aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis

Une soirée partagée sous le signe de l’interculturel aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis

02 juin 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Colombier, à Bagnolet, accueille ce soir encore, dans le cadre des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, une soirée à six entrées et à 5 nationalités. Le collectif iranien Maha, l’irlandaise Oona Doherty, la coréenne Ji Yeon Yang, la japonaise Ruri Mito et la brésilienne Vania Vaneau. Six pièces indépendantes, inégales mais à voir car elles sont l’occasion d’ajouter à son panel de chorégraphes 5 totales découvertes.

Tout commence en Iran où la danse contemporaine n’a pas encore le statut de laboratoire. Le collectif MaHa propose dans le cadre des rencontres deux solos, deux très beau solos qui tous les deux nous entraînent dans un Iran disparu. En derviche Sina Saberi dit la Perse et en femme voilée désaxée, au mouvement de hanche oriental hachuré, Mitra Ziaee Kia danse les épouses des rois polygames.

Ensuite vient la seule grosse révélation de la soirée. Oona Doherty résume à elle seule ce que l’on attend des rencontres : une rencontre ! Une rencontre avec une personnalité dérangeante et débordant de talent. En 8 minutes elle dit l’Irlande dans un solo violent et drôle. Look et pas hip-hop, détour par le voguing. Sa danse acharnée sur « Wee Bastard » et « Miserere Mei » est de la bombe à suivre de près. Son solo Lazarus and the Birds of Paradise résume l’Irlande du nord dans une rixe qui déborde des cadres de la danse.

Ensuite on s’est ennuyés. Beaucoup.

Que ce soit avec Meteor de Ji Yeon Yang, énième réflexion, trop légère sur l’action de danser. Ou bien avec les contorsions vides de sens de Ruri Mito qui avaient pourtant bien commencées. La première image où le visage est avalé, très animale, est à garder.

La dernière partie de la soirée était seule consacrée à Blanc de Vania Vaneau. Là encore la proposition démarre bien avec une leçon de souffle puis une accumulation de costumes qui transforment la frêle danseuse en divinité maya. Sur scène, le guitariste Simon Dijoud expérimente les possibles de son instrument.

Puis la pièce se perd. Dans le gore gratuit. Le sang coule de sa bouche, elle se peint nue et nous on a juste envie que cela s’arrête vite. Vu revu cent fois, ce type de travail sur l’extrême a ses maîtres, talentueux, Castellucci et Fabre pour les plus anciens. Elle a du talent, et on gardera de Blanc ses danses costumées et aveugles.

À ne pas rater aux rencontres : Pere Faura, les 10 et 11 Juin a l’Embarcadère et les mêmes jours, toujours à Aubervilliers, mais à la Commune, l’humeur l’hyper talentueuse Ann Van den Broek, découverte aux Rencontres en 2015

Visuel : Oona Doherty – Lazarus and the birds of paradise © Oona Doherty / Simon Graham

Infos pratiques

Centre Régional d’Art Contemporain à Sète
Le Nouveau Ring impasse Privée, 84000 Avignon
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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