Danse
Tanguera au Théâtre du Chatelet : un régal chorégraphique

Tanguera au Théâtre du Chatelet : un régal chorégraphique

16 octobre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Comme nous vous l’avions annoncé, après avoir joué à Guichet fermé en 2008, la comédie musicale argentine Tanguera est de retour au Théâtre du Châtelet jusqu’au 2 novembre. Un régal pour tous les fans de danse et de Tango pour lequel il reste encore quelques places, réservez-vite!

Giselle, une jeune Française, débarque à Buenos Aires au début du 20e siècle en espérant y trouver la liberté. Elle suit bien vite Gaudencio, un voyou qui se livre au trafic de drogue et au proxénétisme. Mais dès son arrivée, elle est également remarquée par Lorenzo, un jeune docker, qui s’éprend d’elle. Malheureusement, la jeune et frêle Giselle tombe bien bas pour pouvoir survivre : elle se voit contrainte de se livrer à la prostitution dans un bar tenu par Gaudencio. Elle prend bien vite la tête de la revue, devenant une tanguera extraordinaire. Lorenzo va tenter de se battre contre Gaudencio pour sauver sa belle.

L’important dans Tanguera n’est ni l’histoire, bourrée de clichés sur le tango, les machos et la danseuse-prostituée, ni la jolie et sobre mise en scène d’Omar Pacheco qui rappelle souvent le classique de la comédie musicale West Sied Story. Sans une parole si ce n’est cinq chansons de Dolorès Espeja qui se fondent dans l’atmosphère, Tanguera parvient à fasciner pendant 85 minutes. Et l’âme du spectacle, est bien la danse que la chorégraphe Mora Godoy conduit avec finesse et élégance. Les tours de tango, des docks au bar louche où opère Giselle, sont simplement époustouflants de précision et de sensualité. Les danseurs de tanguera ne jouent même plus leurs rôles, quand ils sont habités par le tango. Mise au service de la musique de Gerardo Gardelin, la prouesse technique impressionne puis disparaît pour laisser place au charme, dans son sens le plus fort. Celui-ci culmine dans les danses à trois où Gaudencio et Lorenzo se battent avec les talons et les jambes pour obtenir une danse avec la belle Giselle. Généreuse, la troupe de Mora Godoy ne compte pas ses bis, et les saluts sont l’occasion de continuer à tanguer, dans une atmosphère de Milonga générale qui met le cœur et les yeux en fête.

© Manuel Navarro de la Fuente

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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