Danse
Le Ballet de Lorraine danse dans les Nymphéas de l’Orangerie

Le Ballet de Lorraine danse dans les Nymphéas de l’Orangerie

03 mars 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Certains lundis, le musée de l’Orangerie devient un lieu de spectacle. Hier soir, le ballet de Lorraine offrait une rigoureuse version courte des solos de Merce Cunningham. Sublime.

L’incroyable programmation d’Isabelle Danto, amoureuse folle de la danse contemporaine permet de faire vivre la mythique fresque. La danse vient ici magnifier l’œuvre, et l’œuvre magnifier la danse. C’est ce qui s’appelle faire affaire !

L’année dernière célébrait les cent ans de la naissance du maître de la danse contemporaine, Merce Cunningham. A cette occasion, le Ballet de Lorraine, qui sous la direction de Petter Jacobsson et avec la complicité de Thomas Caley, ancien premier danseur de Merce et aujourd’hui coordinateur de recherche et assistant chorégraphe, ne cesse de faire vivre le répertoire cunninghamien.

A l’occasion du centenaire, en avril 2019, au BAM de New York, au Centre des arts scéniques de UCLA à Los Angeles et au Barbican de Londres, 100 danseurs avaient dansé 100 solos pour Night of 100 Solos Hier soir, il s’agissait d’une version resserrée de cet événement. Assis par terre ou sur les quelques bancs de la salle des Nymphéas, le public trace l’espace de représentation. Inès Depauw, Angela Falk, Nathan Gracia, Elsa Raymond et Luc Verbitzky en académiques (4 violets et 1 rouge) se passent le relais pour cinq solos comme un quintet puisque les danseurs ne quittent jamais vraiment l’espace. 

Sans autre décor que les Monet et à la seule lumière de cette salle du musée de l’Orangerie, l’écriture si particulière de Merce, qui a montré la dissociation du haut et du bas du corps sans perdre de vue l’ obsession géométrique, devient extrêmement nette.

Alors on pense reconnaître,  sortis de tout contexte,  un plié de ou un jeté de Walkaround Time, ou les corps métronomiques de Sounddance. Mais là n’est pas la question, ce spectacle n’est pas un quizz mais bien un manifeste très bien ficelé sur l’une des pièces maîtresse de Merce : le solo. Présent partout dès le début (1953) jusqu’en 2009, le solo permet un focus précis sur un seul corps, ici particulièrement trituré.

Les côtes glissent à l’horizontal, les sauts sont augmentés de piqués. Si de la courbe vient, elle se visse dans les épaules, raides et tenues. Les danseurs sont époustouflants de technique, si précise, sans emphase, sans esbroufe.

Ici la structure est une fête, la beauté surgit. Une nouvelle fois le Ballet de Lorraine prouve son exigence et son talent. 

A venir :

Zoo, Valeria Giuga et Anne James Chaton, Cie Labkine
Lundi 6 avril 2020, 19h et 20h30
B.C, Janvier 1545 Fontainebleau, Christian Rizzo – CCN de Montpellier / Languedoc-Roussillon
Lundi 11 mai 2020, 19h et 20h30
Créations pour les salles des Nymphéas, Cristiana Morganti et Kenji Takagi
Lundi 22 juin 2020, 19h et 20h30

Réservations et informations

 

Visuel ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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