Danse

L’avenir du classicisme se déploie au TCE

L’avenir du classicisme se déploie au TCE

10 mai 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Théâtre des Champs-Élysées invitait pour une soirée les élèves du LAAC à démontrer que les pointes et les volutes avaient de belles heures devant elles. Une soirée touchante par son audace.

Le LAAC est un atelier d’artistes, une nouvelle forme d’école, pensé et dirigé par les étoiles Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche. Depuis sa création il y a quatre ans, la formation se passe au Théâtre des Champs-Elysées et se ponctue, chaque fin de saison par un spectacle dont le but et de montrer ces jeunes talents. Ce 9 mai, le fil conducteur de cette soirée était le cinéma. Scindée en deux parties, la première faisait la part belle aux grandes envolées lyriques du ballet classique, et la seconde s’amusait en format comédie musicale.

Et il faut oser, quitte à être involontairement dissonant s’attaquer au quatuor de Mendelssohn ou à l’iconique pas de Gene Kelly. Il faut oser composer une troupe irréelle : Les apprentis et amateurs du LAAC, 10 élèves de l’école Royale du ballet de Suède, 34 élèves artistes et la chorale du Lycée La Fontaine, les jeunes musiciens de l’Académie Internationale et les musiciens du LAAC unis.

Ils sont jeunes, certains sont même des enfants, à s’essayer aux entrechats et aux jetés. La programmation folle de cette soirée ne comptait pas moins de huit chorégraphies dont certaines ont leur place dans les plus grands ballets.  Deux ont retenu notre attention.

Projection écrit par les élèves chorégraphes du LAAC rappelle les belles heures du ballet Preljocaj avec une violence théâtrale qui invite la douleur avec délice. L’occasion de voir la diversité de style des interprètes. Suzanne Henry, Gabrielle Barboux, Hanae Salavy et Alice Royal déploient, libérées des tutus une danse néo-classique puissante. Dans la même veine Power On, écrit par Maurice Causey, est dansé à la façon des pièces de Cherkaoui. Les danseurs en body sont enragés dans leurs corps qui se tord et vient chercher un ancrage moins lyrique et moins joli.

La seconde partie de la soirée était l’occasion de montrer les prouesses des élèves en matière de comédie musicale. Plein cap sur Broadway avec un humour léger. L’occasion pour ce programme bien pensé de nous présenter un peu mieux tous les interprètes. On reste bouche-bée devant la technique déjà très pro des danseurs, français et suédois. Il est impossible de différencier ceux qui sont issus du LAAC et ceux qui sont issus de l’École du Ballet Royal de Suède, ce qui prouve l’internationalité de cette formation. On repère particulièrement Carl Sjögren à la virtuosité étonnante.

Le climax de la soirée est atteint avec une merveilleuse idée dans Lights, Camera, Action !, celle de mettre face à face les élèves sur scène avec leur quotidien en vidéo. Les voir dans leur vie, leurs villes, l’école donne juste envie de les connaître encore mieux.

Une très belle proposition donc, qui permet d’entrevoir quelles seront les distributions des prochains ballets des Opéras dans le monde entier.

Visuel : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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