Danse
Eloge du Puissant Royaume : Heddy Maalem et ses danseurs de Krump aux racines de l’existence

Eloge du Puissant Royaume : Heddy Maalem et ses danseurs de Krump aux racines de l’existence

31 janvier 2014 | PAR Yaël Hirsch

Nous avions vu l’Éloge du Puissant royaume dans le cadre de l’Atelier de Paris l’an dernier et en étions sortis électrisés (voir notre critique). Un an plus tard, après avoir emmené ce spectacle aux quatre coins de la France et en Corée, les 5 danseurs de Krump portés vers une chorégraphie essentielle par Heddy Maalem sont à l’affiche du festival Faits d’Hivers. Au MPAA du marché Saint-Germain, devant un public jeune et très enthousiaste, ils ont donné une performance éblouissante d’énergie et de maîtrise.

[rating=5]

Rapide, quasi-agressif, le Krump est un type de hip-hop né dans les quartiers les plus durs de Los Angeles, porté à la connaissance du grand public en France par le film Rize de David Lachappelle. « Avant d’être une mode, c’est un rite inventé, une louange forcenée, la contorsion brutale de celui qui refuse la camisole contemporaine« , explique Heddy Maalem, qui met en scène Jigsaw, Big Trap, Kellias, Girl Mad Skillz, Nach et Rachel Garcia dans une performance où la simplicité de leurs baskets dynamise et enrage aussi bien Philipp Glass, que Bach, Xeakis, Colin Stentson et Saul Williams. Presque que des classiques, donc qui ralentissent un peu le rythme du Krump sans éroder le caractère presque martial des mouvements, dans un show qui reprend le nom même de la danse (Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise) et bâtit un empire où l’on revient à cette » danse du début ou de la fin des temps qui dit l’essentiel ». Et à une disposition des corps, où, certes, chacun se met en avant à son tour de manière à attirer l’attention sur ses figures, mais où la chorégraphie rend ces solos impossible sans le soutien des autres danseurs. Un moment de rage pleine de grâce où les mouvements purgent une violence fondatrice, tandis-que le groupe fait corps pour une ascension de sens vers un public qui sort du spectacle en état de (éléctro)choc.

Crédit photo : ©Patrick FABRE 2013

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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