Danse

Artdanthé : Alexandre Roccoli et Marie Béland libèrent les corps et la parole

Artdanthé : Alexandre Roccoli et Marie Béland libèrent les corps et la parole

31 mars 2019 | PAR Jean Emmanuel P.
Il s’en passe des choses à deux pas du périphérique. Le Festival Ardanthé présente pendant quatre semaines, du 19 mars au 13 avril, 50 représentations associant 16 compagnies, métissant danse, théâtre, performance… majoritairement à Vanves mais aussi hors-les-murs. Des oeuvres exigeantes et novatrices. Coup de projecteurs sur deux d’entre elles : Weaver Quintet et Beside.
 
 
Weaver Quintet du chorégraphe Alexandre Roccoli mélange dans un spectacle chorégraphique rythmé et envoûtant, mémoire des gestes ouvriers et légende rurale liée au tarentisme (un trouble nerveux attribué – à tort – aux piqûres d’araignée). Avant d’entrer dans la salle, le public est invité à stationner dans une sorte d’antichambre où sont projetées des images de métiers à tisser, une façon de le mettre en condition et de le sensibiliser aux sons des machines. Une fois assis, c’est une voix off sous-titrée qui sollicite l’attention du spectateur. 
 
Puis, le spectacle commence, et la magie opère très vite grâce au mélange entre légende du passé et témoignages d’aujourd’hui. Le public est alors emporté par la chorégraphie compulsive des trois danseuses, accompagnées par une musique syncopée. Une musicienne, nouvelle icône sur la scène internationale, joue en live associant matériel sonore des métiers à tisser, musique traditionnelle, et sons électro. 
 
La danse se tisse progressivement, avec une gestuelle qui reprend les mouvements de l’araignée et du serpent, et se prolonge entre danseuses. Malgré l’assujettissement liés aux gestes du travail, la danse se fait progressivement libération, voire même émancipation. Au total, ce spectacle fait percevoir le lien parfois étroit entre la danse et la transe, sans jamais tomber dans le folklore.
 
 
Changement total de décor cette fois pour le spectacle Beside, présenté par ailleurs dans le cadre de la Biennale de la danse du Val-de-Marne, actuellement à l’affiche. Même si la pièce pourrait être un peu plus aboutie, le propos et le dispositif interpellent le spectateur. Une table, trois chaises et des écouteurs posés, dont les trois performeurs viennent se saisir. 
 
Il nous est alors donné à écouter ce qu’eux-mêmes entendent à la radio, en direct, que ce soit des flash d’information ou des extraits de chansons, et c’est bien le côté absurde, décousu et surabondant qui est alors mis en avant. Si le propos de la chorégraphe Marie Béland est d’abord d’interroger le rôle du corps dans la transmission de la parole, il est bien possible que nous n’écoutions plus comme avant, tout ce qui nous parvient des médias radiophoniques… Ce qui ne serait pas le moindre des mérites de cette création.
 
Photos :
Weaver © Elian Bachini
Beside © l’auteur
 
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Jean Emmanuel P.

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