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Tempus fugit ? La nouvelle création du Cirque Plume dans le cadre des Nuits de Fourvière

Tempus fugit ? La nouvelle création du Cirque Plume dans le cadre des Nuits de Fourvière

08 juillet 2013 | PAR La Rédaction

En 2012, le Cirque Plume perd son compositeur, Robert Miny, un événement qui incite la compagnie, avec près de trente ans d’existence, à s’interroger sur le temps et la transmission. C’est ainsi que naîtra le spectacle Temps fugit ? Une balade sur le chemin perdu. Le chapiteau du cirque est posé au Parc Parilly (Bron) et jouera jusqu’au 3 août prochain dans le cadre des Nuits de Fourvière.

Comme un hommage au compositeur disparu, la musique est omniprésente dans le dernier spectacle de la compagnie. Avant toute chose, un piano est suspendu, en lévitation au-dessus de la scène ; le pianiste jouera avant que des cuivres rejoignent la partition. Si cette introduction est un peu confuse, elle n’a rien pour déplaire aux enfants plus nombreux que les adultes sous le chapiteau,  elle donne aussi le ton de la fête et de la célébration du cirque. Au cirque, la transmission est quelque chose de joyeux. Ici, il est permis d’applaudir pendant la représentation et de chanter avec les artistes. En cela, certainement, le cirque s’amuse davantage que le théâtre dont les spectateurs doivent attendre religieusement la fin d’une représentation pour applaudir.

Dans le spectacle tous les circassiens sont musiciens, c’est dire à quel point il ne s’agit pas de simples roulements de tambour ou de musique d’ambiance d’un numéro d’équilibriste : on dirait par exemple que les cuivres tiennent la main de la danseuse sur fil, que la musique est son filet de sécurité. C’est d’ailleurs beaucoup au travers des instruments que s’exprime la dimension collective du cirque car la grande majorité des numéros sont des performances accomplies en solo.

L’éternité du saut périlleux

 

Le spectacle s’ouvre sur un numéro de trapèze auquel une jeune circassienne grimpe pour s’emmêler indéfiniment. C’est assurément beau. Plus tard, une équilibriste évoluera sans que jamais ses bras ne défaillent, elle est sur ses mains comme peu d’hommes sont sur leurs pieds, sans trembler. C’est assurément impressionnant. Un autre moment, un numéro d’ombre et de lumière fait croire au public qu’un bonhomme joue avec un soleil rouge, il le balance aux fins fonds de la scène, le met dans son chapeau avant d’en faire son nez, rouge. C’est assurément captivant. Des intermèdes humoristiques distraient le public entre deux numéros, ils sont censés nous raconter une histoire, l’histoire de la compagnie. Mais c’est là qu’il manque quelque chose. Une narration qui aurait fait de ces numéros plus que de simples performances qui se suivent. Aussi impressionnantes soient-elles, ces performances manquent d’emmener le spectateur un peu plus loin.

Entre le tic et le tac

Cependant, il y a ce dernier numéro qui vient rappeler le propos du spectacle, le temps qui passe. Il s’agit d’une roue dite « roue cyr » (du nom de son créateur, Daniel Cyr du cirque Eloize) dans laquelle l’acrobate s’inscrit pour faire d’infinies figures. L’artiste y ressemble étrangement à l’homme de Vitruve mais il est davantage question de mouvements que de parfaites proportions. Maxime Pythoud, l’artiste de la roue cyr, ne cesse de tournoyer et rappelle aussi le cadran d’une horloge et le temps qui, s’il ne fuit pas, jamais ne s’arrête.

 

« Le chemin perdu » qui apparaît dans le sous-titre du spectacle est une référence à un terme d’horlogerie : il est l’espace entre le tic et le tac, ce que les horlogers appellent, en termes plus professionnels, le repos et la chute. C’est cet espace-là que le Cirque Plume a voulu explorer pour nous démontrer que, sous un chapiteau, non, le temps ne fuit pas.

Claire Teysserre-Orion

Infos pratiques

Tempus fugit ? Une ballade sur le chemin perdu,

Durée 1h40 sans entracte

Jusqu’au 3 août dans le cadre des Nuits de Fourvière et 250 représentations jusqu’en 2015. Pour le détail du calendrier, cliquez ici.

Une création du Cirque Plume

Ecriture, mise en scène, scénographie et direction artistique : Bernard Kudlak

Composition, arrangements et direction musicale : Benoit Schick

Retrouver le détail de la distribution et de la production sur le site des Nuits de Fourvière.

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