Musique

Yules : Strike a Balance – une pop folkeuse et rêveuse

25 octobre 2010 | PAR Mikaël Faujour

Avec Strike a Balance, Yules sort aujourd’hui son deuxième album. Déjà remarqué par la critique – et, hélas ! moins par le public – le duo que forment les frères Charret livre une collection de 10 vignettes de pop folkeuse et rêveuse qui, espérons-le, charmera le grand public.

Si le folk, depuis quelques années, est particulièrement à la page en France, on ne peut que s’en réjouir, plutost que craindre la saturation. En diverses variantes et métissages (du plus dépouillé au plus chamarré), le plus souvent dans la langue de Dylan, le folk/rock français de ces dernières années nous a offert Herman Düne, Syd Matters, Moriarty, Cocoon, Hey Hey My My, Revolver, Soko (pour la touche rigolote), Starboard Silent Side, Yodelice, Jil Is Lucky, The Rodeo, Madjo – et plutost que crier « stop ! » on en redemande. Non que ces artistes soient révolutionnaires, mais ils œuvrent en artisans méthodiques à construire des albums pleins de charme où affleure une rêverie déliée.

Avec Strike a Balance, le duo de frangins Charret (Bertrand et Guillaume) nommé Yules n’en est pas a son coup d’essai. Son 1er album, intitulé en toute simplicité The Release, avait reçu en 2007 l’approbation de Télérama et des Inrocks… mais guère trop d’écho. Il est à espérer que ce second album corrige la donne. Et il ne manque pas d’atouts, à l’image du titre d’ouverture « Absolute Believer », et de son refrain en pure dentelle d’harmonies vocales. On pense parfois à la douce intrication des voix de Simon & Garfunkel ou aux cousins norvégiens de Kings of Convenience.

Ornées de violon, parfois d’harmonica (irrésistible envolée sur « A Silent Journey », l’un des meilleurs morceaux du disque) et plus souvent colorées d’orgue Hammond, les compositions y gagnent en épaisseur et en nuances de ton. Ici, l’on pense un peu au Radiohead d’OK Computer, là aux arpèges d’un Nick Drake (« Everlasting Child », « Angel of Ice ») ou encore aux Beatles (tendance Paul plutôt que John) avec « Everything She Does Is Blessing » ou encore (mais c’est chercher loin) le Neil Young de « Out On the Weekend » par le rythme traînant de « Until the End Of the Road ».

Mais Yules inspire moins l’agacement du déjà-vu que le plaisir naturel que procure une œuvre réussie, faite avec du cœur et pas vraiment de chichi. Le duo trousse une folk-pop empreinte de simplicité et de cette mélancolie positive, qui nourrit l’espoir plutôt que l’accablement (à l’image du titre « The Defeats That Were Turning Into Gold »). Lumineux. Une belle découverte au rayon folk – et sûrement l’un de ces albums dont les mélodies vous hanteront plaisamment.

Yules, Strike a Balance, Art en Stock/Sony

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Mikaël Faujour

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