Musique

SuperHeavy, ou comment s’égarer ensemble

28 octobre 2011 | PAR Jerome Gros

En mai 2011 se forme un nouveau « supergroupe », sous l’impulsion de Dave Stewart, ancien membre d’Eurythmics, qui rassemble quatre autres pointures de leur genre. SuperHeavy naît, et sort même un album. Retour sur ce sursaut d’orgueil à but strictement lucratif.

 

C’est en 2009 que les cinq membres  de SuperHeavy se réunissent et commencent à enregistrer ensemble, à Los Angeles. C’est Dave Stewart qui impulse le mouvement. Ayant déjà travaillé avec Mick Jagger, il fait appel à la star internationale ancien membre des Rolling Stones pour enregistrer avec lui. Il demande aussi à Joss Stone, jeune chanteuse de soul anglaise de participer au projet de sa voix mielleuse. C’est ensuite le fils de Bob Marley, Damian, qui rejoint les trois musiciens et apporte l’ingrédient reggae. Enfin, étant fan de musique indienne, Dave Stewart fait appel au compositeur de la BO de Slumdog Millionaire, A.R. Rahman, pour ajouter la touche épicée à la marmite. Mais il faut attendre mai 2011 pour que l’existence du « supergroupe » ne soit révélée par Mick Jagger.

Tout d’abord, on réfléchit deux minutes en entendant la formation du groupe. On pense Rolling Stones, Eurythmics. On voit de grandes choses. On pense Slumdog Millionaire, on se dit que c’est de mieux en mieux. On pense Joss Stone, cette jeune anglaise qui dès son plus jeune âge se retrouve sur scène avec James Brown, on est impressionnés. On pense Damian Marley, qui a toujours voulu brasser les styles de musique comme le révèle sa collaboration avec le rappeur Nas. On se dit que le plat va être succulent. Puis, on repense au nom du groupe. SuperHeavy. Et là on commence à se questionner. Tant d’orgueil dans ce terme…

 

On décide tout de même d’écouter, sait-on jamais. Alors on écoute l’album éponyme. Et celui-ci débute sur la chanson intitulée comme le groupe, comme l’album, « SuperHeavy ». Les paroles éteignent alors les derniers doutes. « We’re heavy, we’re heavy SuperHeavy » (en gros, «on est forts ») : la formation est donc bien prétentieuse. Qu’à cela ne tienne, nombre de musiciens sont prétentieux et ça ne les empêche pas de faire du bon son. Continuons, alors, même si musicalement cette première chanson ne rattrape pas son texte médiocre. Vient alors le premier single du « supergroupe », intitulé « Miracle Worker ». Bon, ne nous arrêtons plus sur les paroles. Une chance, il y a un clip. On peut donc s’arrêter sur la musique, et les images. Du clip on ne retiendra que les seins de Joss Stone, le costume rose de Mick Jagger et des breakers entourés de danseuses indiennes, dansant chacun leur spécialité sur un rythme reggae. Un reggae assez pauvre, occasionnellement saupoudré de cuivres pour lui donner une forme qu’il ne prend finalement pas. La guitare de Dave Stewart et les rares interventions de A.R.Rahman ne réussissent pas à relever la sauce.

Sur l’album, la chanson qui suit ne nomme « Energy ». C’en est trop. La batterie dans le  fond, assimilée au rock, accompagne un rythme électro sur lequel Damian Marley commence à chanter dancehall, avant que Joss Stone n’entame un refrain qui veut rattacher la chanson au rock… SuperHeavy, c’est un groupe de « musiciens qui aiment jammer », et qui ont « l’ego de penser que ça vaut la peine d’être sorti » (Basile Farkas, journaliste de Rock’n’Folk, cité dans Metro à propos des supergroupes en général). C’est cinq ingrédients succulents s’ils sont pris séparément, mais qui, mélangés, donnent au plat un mauvais goût. SuperHeavy, c’est cinq musiciens qui se sont tous égarés pour se retrouver au même endroit, et qui ont décidé de faire un album. Porté par la notoriété de ses membres, SuperHeavy comptabilise déjà 4 millions de vues sur son premier clip. La malbouffe est réellement un problème aujourd’hui. La dernière chanson de l’album est « World Keeps turning ». Encore heureux…

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Jerome Gros

4 thoughts on “SuperHeavy, ou comment s’égarer ensemble”

Commentaire(s)

  • JE trouve que l’article réfléchit plus qu’il n’écoute une musique, il faudrait qu’une petite voix dans sa tête lui dise « ferme ta ***** » ou plus poliment « silence on entent rien ».
    Le groupe ne lui plaît pas, alors il dit « c’est ça », « c’est ça » puis « c’est ça ».
    Depuis quand dans le monde de l’art on se permet de parler au nom du monde, juger pour les autres « c’est moche », au lieu de « moi je trouve que c’est moche parce que … »
    D’après moi Superheavy n’est qu’un nom, je vais pas incendier Batman pour se prétendre justicier de la nuit. Malgré cela je suis d’accord sur le fait que leur musique n’est pas fameuse à mon gout, ce à quoi se base mon opnion : je n’aime pas le reggae, et j’ai senti dans cette album une grosse présence de certains plus que d’autres, y compris Marley.
    Voilà :D

    novembre 2, 2011 at 20 h 59 min
  • …à but strictement lucratif… Ça commence mal une critique…

    Lequel, de ce groupe, a besoin d’argent? Franchement débile comme remarque non? En visionnant le making of, on sent plutôt que c’est un trip, un délire de compositeurs qui ont la musique dans les trippes. Ça transpire de bonheur. Heureux soient-ils de pouvoir se payer ce plaisir qui n’est vraiment pas à la portée de tous j’en conviens.

    Dans l’ensemble, pour ma part, je trouve ce CD génial et vraiment l’fun à écouter. Je suis même surpris que certains puissent de pas aimer. Ceci dit, je respecte les autres opinions mais faut pas critiquer pour critiquer.

    Si Jérome Gros (nom au match parfait avec SuperHeavy non?) s’avère tant affecté par le soi-disant alter ego de l’album, moi j’ai l’impression que monsieur est drôlement frusté et jaloux de ce petit bijou. Mais probablement que moi aussi, je me trompe carrément…

    novembre 12, 2011 at 19 h 49 min
  • Romain Levi

    Jésus, t’es naze, arrête. Ton blase évoque un trou de balle prétentieux qui se pointe pour flame sans se remettre en question. Tu peux faire une croix sur ton argumentaire autiste, personne de sensé ne l’avalera.
    Il t’en faut du culot pour répéter ce que tu dénonces dans l’article, et des « trippes », comme tu l’écris si mal, pour venir traiter un journaliste de débile, depuis chez toi et derrière un vieux pseudo SuperMoisy. Pire, c’est toi qui t’offres un trip en te foutant du nom de l’auteur ? Pauvre abruti, retourne écouter ta pseudo-musique purulente dans les rayons de la Fnac et apprends à respecter ceux qui s’y connaissent mieux que toi musicalement, et les gens en général.

    Svetlana, ma puce, c’est bien que tu saches que les membres de SuperHeavy étaient des musiciens autrefois ; mais que tu penses réellement qu’en foutant côte-à-côte des musiciens qui n’ont rien en commun, en les sapant n’importe comment (franchement j’ai aucun goût en déco, mais Jagger en rose, c’en est trop), et en disant « VOILA POUF POUF SUPERGROUPE SUPER SUCCES SUCE ET AVALE », on fait un truc correct, voire une formation culte, ça me dépasse.
    Non que tu puisses le penser, mais qu’en plus tu te permettes d’indiquer plus ou moins subtilement au journaliste qu’il ferait mieux de fermer sa gueule ? Mais tu es qui, toi, au fait ?

    En tant que fan de Mick Jagger et de Damian Marley, et un auditeur occasionnel de Joss Stone, je l’affirme sans crainte de me faire rayer du club des abonnés au same old same old, innommable, soi-disant musical, répugnant brouet que nous servent les majors mange-fric qui n’écoutent même pas les musiques avec honnêteté avant de dire « ça ne se vendra pas » ou « ça se vendra parce que c’est comme ça » : SuperHeavy, c’est un super étron. Une fricadelle musicale : on empile des restes de bons morceaux, on les fait bien faisander tous ensemble, on les enfile dans un boyau de porc bien luisant et on sert ça aux clients.

    Mais je ne doute pas que vous aimiez vraiment ce qu’il font : you are beyond redemption. Pauvres tarés.

    novembre 12, 2011 at 20 h 36 min
  • Jerome Gros

    Alors, alors alors … je vois que cet article suscite quelques réflexions, plus ou moins élaborées, d’ailleurs…

    Tout d’abord, prenons les critiques constructives. Svetlana, il est vrai que j’aurais peut-être dû montrer un peu plus qu’il s’agit là de mon avis plutôt que d’utiliser ce « on » général. Car c’est un « on » finalement très individuel. Mais quand on lit un article, on sait qu’il s’agit de l’avis d’un journaliste, c’est implicite. Voilà pourquoi, généralement, l’on étudie différentes sources, pour éviter de s’enfermer dans un point de vue. Ce « on » me paraissait bien pratique pour accentuer, souligner, surligner mon mécontentement. Ceci est mon point de vue, je l’admets. Il n’est nullement universel, et n’a en aucune façon la prétention de l’être ;)

    Cependant, je n’accepte pas que l’on m’insulte de la sorte. Ce « ferme ta ***** » me semble un peu superflu… même si ma critique est, il est vrai, un peu virulente, je ne pense pas mériter un tel traitement. Mais passons.

    Ensuite…

    Jésus, je ne dirai rien sur ton pseudo qui, j’en suis sûr, a été choisi justement pour pouvoir être commenté. Je précise simplement que le commentaire sur mon nom ne me plaît pas. Tu peux comprendre pourquoi.

    Effectivement aucun des membres du groupe n’a besoin d’argent, mais en quoi cela les empêche de vouloir en faire ? Je ne savais pas qu’il fallait en manquer pour cela… Je ne critique pas pour critiquer, selon moi ce groupe est réellement une erreur, un « délire » finalement, comme tu le dis. J’apprécie énormément chacun des membres du groupe individuellement (certains plus que d’autres mais dans l’ensemble je les apprécie tous), mais je trouve que ce projet prétentieux est un échec. J’en ai expliqué les raisons dans l’article, pas besoin de revenir là-dessus.

    Romain, je te prierais de rester poli. Au moins Svetlana a mis des étoiles à la place des insultes… Je te remercie de prendre ainsi ma défense mais tu vas bien trop loin en insultant nos chers lecteurs qui ne font qu’utiliser leur liberté de penser. De plus, tu te trompes puisque tu dis, je cite, que Svetlana associe SuperHeavy à une « formation culte », or elle dit qu’elle ne trouve pas ça fameux. Si je suis d’accord avec toi sur certains points, je suis désolé de t’avouer que ta manière de le dire me répugne. Ne commente pas si c’est simplement pour insulter…

    Si vous voulez discuter plus profondément de SuperHeavy, nous pouvons. Simplement, faisons-le dans le respect d’autrui, ou ne le faisons pas.

    novembre 12, 2011 at 21 h 34 min

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