Musique

Souad Massi : un nouvel album et un concert à la Cigale le 9 novembre

04 novembre 2010 | PAR Mikaël Faujour

La chanteuse algérienne à la musique métissée, qui puise dans le folk autant que dans les sonorités du monde (arabes, bien sûr, mais aussi brésiliennes, indiennes…) et chante en trois langues, sort le 8 novembre Ô Houria, son quatrième album studio. Marqué par une inspiration folk et quelques collaborations, il se révèle décevant et peu à la hauteur de la valeur de cette artiste. Souad Massi sera de passage à la Cigale le 9 novembre, le lendemain de la sortie de l’album.

Connue du grand public principalement pour la magnifique réinterprétation de « Paris » en duo avec le classieux Marc Lavoine (2003), Souad Massi s’est fait connaître au début des années 2000, obtenant la consécration tant critique que publique, couronnée d’une Victoire de la musique (catégorie « Musiques du monde ») en 2006.

Le très beau Deb, paru en 2003, déploie un folk arabique satiné et mélancolique (mais pas que), langé dans des arrangements impeccables d’instruments traditionnels nord-africains, teinté aussi de flamenco ou de rythmes congolais et plus encore. Un album qui, en somme, mérite ô combien l’attention de ceux qui seraient passés à côté et des amateurs de Hindi Zahra qui la méconnaîtraient.

Mais venons-en à notre affaire, à savoir Ô Houria, quatrième album de l’Algéroise. Annoncé comme tel, l’album s’avère plus rock que les productions antérieures. Après la belle chanson d’ouverture, « Samira Meskina », à la discrète ponctuation de banjo, c’est le chant de Francis Cabrel qui surprend sur l’entraînant « Tout reste à faire », potentiel single, qu’il a co-écrite et à laquelle a participé aussi l’oudiste Mehdi Habbad (Speed Caravan). Mais l’on sent vite les limites de cet album. Dès « Kin Koun Alik Ebaida » flotte une impression déjà-entendu, avec cette ligne mélodique du chant qui rappelle « Alors regarde » de Patrick Bruel.

Ô Houria voit donc Souad Massi se promener sur les rives d’une « variété » mâtinée de country/folk qui n’a guère la force de ses meilleurs élans passés. Certes, on goûte la douce mélancolie de « Nacera » ou la country enjouée de « Une lettre à Si H’med », qui rappelle… Joe Dassin. Mais l’ensemble du disque accroche trop rarement l’oreille, sinon peut-être l’avant-dernier morceau, le jazz dépouillé « Stop Pissing Me Off » (chant,  contrebasse, chœurs).

Marquées par la patte de Michel Françoise, acolyte de Francis Cabrel, quelques chansons sont même franchement malvenues car trop inadéquates pour la voix et de l’émotion de la chanteuse. La musique de  « Enta Ouzahrek », par exemple, n’aurait guère déparé sur Sarbacane ; et celle de la chanson-titre « Ô Houria » ne semble pas davantage correspondre aux belles paroles… Quant au morceau de clôture, « Un sourire », co-écrit par Michel Françoise et Souad Massi, il a sonne trop « variétoche », rappelant les moments de retenue d’une Lara Fabian ou d’une Maurane sur une composition acoustique chapeautée d’harmonica…

Ô Houria s’avère, en somme, assez décevant, évoquant une certaine country/folk de variété, mais qui n’atteint pas à la beauté que seul ou presque dans ce registre sait lui insuffler un Francis Cabrel. On ne saurait qu’inviter à découvrir ou réécouter les plus convaincants albums antérieurs, qui avaient bien plus de caractère et semblaient coller à l’âme de la chanteuse.

Souad Massi sera en concert à Paris à la Cigale le mardi 9 novembre. Ceux qui ne pourront l’y voir cette fois auront droit à une session de rattrapage – qui leur laissera le temps de se faire une opinion sur le nouvel album – le 21 janvier 2011.

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Mikaël Faujour

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