Séries

The Walking Dead, des Zombies et des Hommes

04 novembre 2010 | PAR Sonia Ingrachen

Dimanche soir, la chaine AMC a diffusé la série événement The Walking Dead qui a battu tous les records d’audience de la chaine. Le soir d’Halloween, AMC lançait l’une des séries les plus attendues de l’année. Avec 5,3 millions de téléspectateurs (plus du double du final de Mad Men) et 8,1 millions après les rediffusions, la série fait le meilleur démarrage de la saison pour une série câblée. Après Mad Men, Rubicon et Breaking Bad, AMC a encore de quoi rivaliser avec HBO et Showtime grâce à ce nouveau programme de qualité.

L’adaptation du comics zombiesque de Robert Kirkman, Tony Moore et Charlie Adlard était très attendue par les téléspectateurs. Au casting de cette nouvelle série on retrouve quelques noms prestigieux : le pilote a été réalisé par le talentueux Frank Darabont, le réalisateur de La Ligne verte et The Mist; Gale Anne Hurd, productrice de la série a participé à quelques chefs d’œuvre de James Cameon comme Terminator, Alien ou Abyss.

Comme dans le comics on suit l’adjoint du Shérif, Rick Grimes blessé par balle après une course poursuite. Le policier se réveille à l’hôpital après avoir été dans le coma et découvre que le monde a changé pendant qu’il était endormi. Le spectateur découvre avec lui ce monde Post-apocalyptique. Il tâtonne à ses côtés, découvre l’hôpital délabré et sans aucune vie (si ce n’est derrière une porte barricadée). Terrifié et désorienté, Rick Grimes avance dans l’hôpital sans jamais savoir ce qu’il va découvrir. La caméra l’accompagne dans ce parcours vers l’inconnu comme en témoigne cette scène où Rick se retrouve dans des escaliers obscurs, grattant allumettes sur allumettes pour y voir quelque chose. Ces premières scènes qui font suite au réveil dépeignent parfaitement l’isolation et la solitude du personnage. Presque entièrement sans parole, aucune explication n’est fournie pour résoudre la situation, la série reste heureusement elliptique, évitant ainsi de gâcher ce moment où l’angoisse pénètre l’atmosphère.

Ce qui fait le charme de ce pilote, c’est qu’il ne s’agit pas d’une énième création sur les zombies comme cela peut l’être pour les vampires. Bien sûr, on en passe par quelques clichés du genre (des zombies décharnés, le bruit qu’ils produisent, le barricadement des survivants, le sang et la chair) mais cette série à l’image du comics, s’intéresse surtout aux conséquences d’un tel événement apocalyptique.
Rick est seul parmi les corps et les restes de l’humanité. L’ambiance est pesante et réaliste ce qui créée la force de ce pilote. Heureusement sur son chemin le policier découvre deux survivants, un père et un fils qui se sont enfermés dans sa maison. Ils tentent tous les trois de survivre avant de se séparer puisque Rick veut retrouver sa femme et son fils qu’il espère avoir survécu à la catastrophe.

Comme dans un Western, le policier monté sur un cheval part pour Atlanta où des survivants se sont réfugiés. Figure de la loi, il n’espère pas sauver l’humanité mais il désire avant tout reformer sa famille, c’est un homme ordinaire face à une situation exceptionnelle.
Le pilote nous montre ainsi que l’attention de la série se porte sur l’impact psychologique d’un tel événement sur les hommes : font-ils renoncer à ceux qui nous sont chers ou garder espoir ? Comment s’organiser et survivre lorsqu’on est entouré par la mort ?
C’est ce que semble questionner The Walking Dead lorsque l’on voit le père rescapé abattre des zombies mais hésiter face à sa femme mort-vivante. Il doit tuer son épouse mais n’y arrive pas car il ne peut s’empêcher de voir l’humain derrière le Zombie. Comment oublier que l’être que vous avez en face de vous n’est plus un être cher ni même un humain ?
Rick lui-même, ne prend jamais plaisir à tuer l’un d’eux, au contraire il agit par pitié comme dans la scène où il abat son ami collègue ou quand il abrège les souffrances d’un zombie qui à peine à se mouvoir (il ne lui reste que le haut du corps). Néanmoins, quelques belles scènes gores sont aussi présentes : la série débute de manière fracassante par un flashforward où Rick abat une petite fille qui a un trou béant à la place du visage.
La série se termine par une séquence magistrale (un classique du genre) où Rick se retrouve encerclé par des zombies. Il s’enferme dans un Tank, désespéré et totalement isolé tandis que les Zombies dévorent avec entrain les restes de son cheval. Alors que Rick est prèt à se donner la mort, il entend une voix qui l’interpelle dans la radio, il n’est désormais plus seul. La caméra révèle alors l’étendue du danger dans un très beau plan en plongée.

Le pilote nous laissait apercevoir les survivants de la catastrophe, regroupés dans des communautés. Comme dans les romans de Stephen King ou dans le plus récent Lost, The Walking Dead s’intéressera dans les prochains épisodes à ces rescapés et à leur réorganisation dans des îlots de survie.

En exlusivité, quelques images du prochain épisode.


The Walking Dead, dimanche soir sur AMC, la série n’est actuellement pas diffusée en France. Le pilote « days gone bye » a été diffusé le 31 octobre. L’épisode 2 « Guts » sera diffusé le 7 novembre. Créée par Frank Darabont en 2010, avec : Andrew Lincoln,John Berntal et Sarah Wayne Callies 

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