Musique

Sliimy : simili-musique

17 avril 2009 | PAR Martial

sliimySliimy, jeune chanteur Stéphanois d’une vingtaine d’années, pourrait bien-être la révélation française 2009. Après une réputation acquise « grâce au web », l »artiste au style très particulier sort son premier album le 6 avril, Paint Your Face.

Auteur d’une reprise du très récent tube de Britney Spears  »Womanizer », Sliimy réussit à convaincre ses premiers auditeurs. A l’image de ce que sont Kate Nash et Katy Perry pour Lilly Allen, il surf sur la vague « Mika ». Il réussit grâce à son univers aux couleurs pop acidulé à se forger une image très  »british », d’abord sur myspace, puis à travers des clips ou autres vidéos sur le net, qui séduisent les amateurs de la tendance musicale d’outre-manche. Décomplexé, il chante en Anglais et parvient même, de ce fait, à intéresser les auditeurs anglophones.

Cet ovni de la scène française est le buzz musical de l’année, et son image très vendeuse, qu’il sait entretenir (…), devrait lui permettre de toucher très vite un large public.

Le problème de Siimy reste un grand manque d’originalité, le tout ressemblant de trop près à Mika (des faux-airs de Prince en plus). Personnage jouant sur la tendance, il va même jusqu’à reprendre Britney Spears, ce qui est surfait, déjà fait, et trop fait (Franz Ferdinand, Yael Naim…), mais bien utile pour attirer un public déjà acquis. Julien Doré nous avait d’ailleurs séduit avec  »Lolita » alors qu’il n’était encore qu’à la Nouvelle Star.

Pour corroborer cette idée d’étude de marché, voyons le phénomène historiquement : Sliimy a signé chez la Warner avant de publier sa première video (cf interview). Par la suite, il crée sa page myspace. Or, depuis, il prétend avoir été découvert « sur le net », « par les bloggers », comme le témoigne cette video du Grand Journal de Canal + daté du 28 février. Il est assez irritant de penser qu’il s’agit d’une campagne marketing destinée à pouvoir estampiller la désormais très vendeuse étiquette  »découvert sur Internet ».

Magnifique petite histoire, n’est ce pas ?

Il est évident que Sliimy a parlé trop vite lorsqu’il a dévoilé avoir signé chez la Warner. Il a changé sa version depuis pour ne pas compromettre sa légende. A la vue de ce paradoxe, il semble plutôt être aujourd’hui un pur produit de réflexion commerciale des professionnels de la musique… Il « semble »…

Par conséquent, il est clair que les producteurs et maisons de disques exploitent la toile pour vendre leurs artistes, et profitent de la gratuité du partage des videos et de la musique. La question qui en résulte est la suivante : si les labels se servent d’Internet en (soi-disant) découvrant leurs nouveaux talents sur la toile, pourquoi déclamer que le téléchargement tue leur économie, et chercher à empécher, via la législation, la réelle découverte de « jeunes » talents ? Si la vidéo de Sliimy avait été payante, l’aurait-on découvert ?

La campagne marketing de la Warner prouve qu’en exploitant la gratuité de la musique, on peut créer un buzz, et révéler un jeune artiste. Cela n’empêchera pas pour autant les professionnels de la musique de se servir de l’exemple Sliimy pour avancer que la France regorge de jeunes talents qu’ils cherchent à protéger en faisant la guerre aux sites Youtube, Dailymotion, Deezer, et au téléchargement illégal… Or, sans eux, bon nombre d’artistes seraient toujours inconnus.

Voici le clip du single  »Wake Up » :

Sliimy, Paint Your Face, Warner, 6 avril 2009

http://www.myspace.com/sliimy

http://www.lebuzzodrome.com/

Martial Combourieu

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