Musique
Sélection Pop-Rock-Rap-Indé-Électro de la rentrée

Sélection Pop-Rock-Rap-Indé-Électro de la rentrée

19 septembre 2021 | PAR Pierre Pouj

Chaque mois, la rédaction musique de Toute La Culture.com fait le tri parmi ses coups de cœur « pop ». Place à la musique du peuple ici, où les guitares croisent autant les pads que les violons. Enjoy!

Good Buy, Francobollo (EP)/Permanent Creeps Records

Même si cet EP est sorti il y a déjà un petit moment (parfois tricher a du bon), je ne me voyais pas commencer la rentrée sans Francobollo. Le quatuor suédois maintenant basé à Londres revient après trois ans d’absence et leur magnifique premier album Long Live Life. Cette nouvelle sortie reste sur les mêmes bases, le rock un poil bizarre qui fait leur marque de fabrique (et qui transpire dans chacune de leurs vidéos). Et ce qui rend le groupe encore plus intéressant se trouve dans ses textes, toujours aussi criant de vérité, mettant en exergue les vices de nos vies occidentales. Francobollo est une vraie pépite, et cet EP n’est qu’une nouvelle preuve de leur potentiel.

Southern Wave, Mick Strauss/Modulor Records

De la cold wave venue du sud ? Ou bien une plongée dans l’univers post-punk des Pixies ? Pourquoi choisir ? C’est vrai ça ? Pourquoi choisir entre raconter une vraie histoire de mec attiré par ce qui fait mal, et de filles comme des proies consentantes sur la piste de danse ? Le son de Mick Strauss, avatar d’Arthur Gillette, le cofondateur de Moriarty, est une drogue dure. Il s’écoute, se réécoute, se réécoute encore…. Il a la voix à la fois funk et grunge, il rend les voyelles bien grasses, les fait traîner à coup de mélodies denses. On plonge avec lui dans l’Amérique de Trump, celle où les espaces vides votent à l’extrême, qu’il semble survoler dans « Flashback week-end », ou dans des nuits blanches à danser ou à attendre (« At Nights When It Hurt »). Southern Wave pourrait être la bande-son d’un film ou d’un spectacle. Qui sait ? À suivre. Ce qui est sûr, c’est que le personnage Mick Strauss préfère la nuit au jour (fantôme ou vampire ?) et les grandes aventures… Il n’est d’ailleurs pas seul ici :  Jennifer Hutt est aux violons, aux claviers et au chant, Vincent Talpaert à la basse et Rowen Berrou à la batterie.

 

De Película, Laurent Garnier/The Limiñanas

Rencontre au sommet ! Le groupe de rock The Limiñanas a l’habitude de soigner ses invités, on se souvient de « Dimanche » avec Bertrand Belin, complètement délirant ! Belin que vous allez également retrouver dans cet album mais sur un seul titre. C’est une vraie collaboration à parts égales entre Laurent Garnier et le duo composé de Lionel et Marie Limiñana. Et alors, cela donne quoi, la rencontre de la techno et du rock ? Un film bien sûr ! Et le titre en espagnol nous indique qu’il sera en VO, dans les rythmes et les influences en tout cas, même si l’histoire, oui l’histoire est racontée en française. De Película s’écoute du début à la fin car c’est un conte, comme pour les enfants, à part qu’il est question de l’histoire d’une prostituée. 

« Il s’agit d’un petit môme de province
Il aime la musique et le cinéma
Il va au lycée, mais il déteste ça
Il y a de la cruauté dans l’air
À l’école
Au village
Elle travaille dans une caravane des années 60
Elle a 18, 19 ans
Elle est jolie et douce
Elle s’appelle Juliette
Il décide de partir avec elle »
 
Au final, l’opus génial n’est ni techno, ni rock, il est progressif et assez psychédélique ! Un trip quoi ! On y va ?

 
 

Pictura de Ipse Musique directe, Hubert Lenoir/Simone Records

Juste avant la bascule du monde dans le Covid, nous chantions non-stop les tubes de Darlène d’Hubert Lenoir, ce Québécois qui chante en français son univers queer et rétro. Nous étions début 2019. Et nous voici en 2021 avec Pictura de Ipse Musique directe. Hubert Lenoir continue de nous raconter ses histoires d’attente et d’amour 100 % pop-electro-rock. Comme dans les deux albums cités, nous sommes dans un film qui se regarde avec les oreilles. Ce nouvel objet est aussi addictif que le précédent. Et oui oui, on très envie de connaître le « SECRET » d’Hubert Lenoir. En garçon d’aujourd’hui, il porte sans le savoir une dose de glam-rock et de hip-hop, le tout tellement bien flouté qu’il ne fait plus qu’un. Il s’éclate à zapper comme on le faisait sur les autoradios du temps d’avant, il s’amuse aussi à faire des pauses: « uber lenoir, c’est confirmé » ( 15 secondes !) et se paie des collab’ plus branchées tu meurs, comme le très trip-hop « OCTEMBRE » avec Bonnie Banane !

Celebration, Yom/Komos Records

Paru au printemps dernier, le nouveau disque de Yom est un album studio qui  fait partie de ces oeuvres nous laissant augurer d’un monde meilleur. Sous le beau titre Celebration, ce bel objet fluide et envoûtant tient du new age autant que de la prière toute intimiste de celui qui vient d’asssister à une naissance. Alors que le clarinettiste s’apprête enfin à nous faire entendre à nouveau son Baby Doll à la Philharmonie avec l’Orchestre de chambre de Paris — Marzena Diakun, Yom, Marie-Eve Signeyrole le 10 novembre prochain (lire notre interview) –, il laisse de côté pour un moment de douceur infinie ses Wonder Rabbis. Attention, le titre inaugural et éponyme est juste un bain de bien-être complètement addictif…   Yaël Hirsch

 

Visuel : pochette De Película

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Pierre Pouj

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