Musique

Rock en Seine 2019 : un deuxième jour dans les îles et la JUNGLE

Rock en Seine 2019 : un deuxième jour dans les îles et la JUNGLE

25 août 2019 | PAR Pierre-Lou Quillard

Samedi 24 août 2019, deuxième jour du Rock en Seine 2019. Le mercure est au sommet. Le public, moins nombreux. 

 

 

17h00. Il y a sensiblement moins de monde sur site qu’à la même heure hier. Il faut dire que la tête d’affiche de la journée, Major Lazer n’a pas réunit autant de fans que le rock mythique de la veille. Les concerts ont débuté mais nous choisissons de nous balader parmi les animations du festival. Le village des 4 Vents situé près de la scène homonyme propose quelques activités et stands intéressants. Un camion de massage à l’ambiance baba cool semble tout droit débarqué de Woodstock tandis qu’un marchand de vinyles propose aussi bien des classiques en occasion que les toutes dernières nouveautés… Ainsi les cinéphiles pourront acquérir la bande son du dernier Almodovar ou du Grand Bain… Mais ce qui attire l’œil, ce sont les vinyls des groupes présents sur le festival mis fièrement en avant. Comptez entre 15 et 30 euros pour dégoter ces pépites. Plus loin, on retrouve un stand de dégustation exclusivement dédié à… la Fourme d’Ambert. Oui oui, ce bleue au lait de vache de la région clermontoise. Curieux, on s’y arrête. Au menu, cônes de glace à la Fourme d’Ambert saupoudré au choix de groseilles, de noix, de myrtilles ou encore de spéculoos. Explosion gustative qui n’a cependant pas grand-chose à voir avec le Rock.

18h00 : On chille à l’espace presse. France Inter démarre son émission en direct : le dernier club estival d’Emmanuel Khérad avec Abd Al Malik en invité d’honneur et un rapide passage de JUNGLE, le groupe londonien très seventies qu’on adore ! Des voix soul, des rythme funk aux teintes disco et un laboratoire de sonorités : le bruit de l’ouverture d’une canette, de clés qui tombent par terre ou encore d’une sirène de police … « Pour nous, il s’agit de créer de nouveaux sons », explique l’un des leaders du groupe qui considère par ailleurs leur musique comme une plongée dans leur inconscient.

 

C’est parti pour la série des concerts les plus attendus de la soirée. La thématique générale de la soirée semble plus électro et dansante que la veille qui était plus dédiée au rock. Entre la grande scène et la scène cascade, les concerts s’enchaînent et la programmation est sensiblement différente. On va être honnête, on a 100 fois préféré les concerts de la « petite » scène Cascade.

19h45 : Tout droit venus d’îles arc-en ciel avec leur électro psychédélique et onirique, le duo français Polo & Pan fait planer la foule dans les cimes de sa canopée musicale… Dansant, enivrant, sensuel, au rythme du corps de leur chanteuse qui danse en live devant les platines… quelques notes de Cosma, de la flûte de pan, des harmonies colorées, percussions caribéennes et une joie de vivre transcendante.

21H00 : C’est au tour de Jorja Smith, chanteuse britannique de 22 ans à la voix soul et pop, de sortir le grand jeu sur la scène principale. C’est un peu la voix d’Adèle et le corps de Beyoncé. Le show est coloré. Tout l’apparat : petite robe blanche à paillette, faux ongles, gloss sur les lèvres et les effets lumineux rendent le tout très… Instagramable ?  Mais il faut reconnaître que la voix surprend par sa maîtrise et son grain chaleureux… Dans le public, des hommes crient « Jorja ! Mary me ».

Retour à la Cascade. JUNGLE a joué ses plus grands titres tels que Busy Earning ou The Heat. Ambiance tamisée, rideau et fumée orangée pour accueillir la formation des 7 musiciens et chanteurs du groupe. Back to the seventies… Et le public compact de l’avant-scène s’agite au rythme des riffs de basse ou de synthé.

23h00 : Sur la Grande Scène, ce qui était sensé être le clou de la soirée démarre. Le concert de Major Lazer : To much ! Sur la scène une estrade. Sur l’estrade, une autre estrade. Et rebelote au-dessus. Le tout couronné par une énorme tête de Major Lazer gonflable. On se croirait dans une fête foraine. Ça explose de partout. Des flammes, des jets de bandes, des effets stroboscopiques à en faire baver un épileptique, des vidéos en 3D hyper quitch. Sans parler des 6 danseuses afro qui font du Booty Shake sur les marches de l’estrade pendant tout le concert. Ça leur fait les fessiers et nous, ça nous donne l’impression d’être dans une pub pour un car-wash des années 80.  Ce n’est pas juste exubérant, c’est excessif. Je ne parle même pas des deux leaders du groupe qui font de la figuration pendant une heure et demi. Leur boulot consiste à courir partout et dire « put your hands up ». C’est bien gentil mais à part demander à leur DJ de balancer leurs sons enregistrés, le show est surtout basé sur les effets visuels qui ont dû coûter bonbon. En mettre pleins les yeux, la recette du succès ? Le public est moitié en trans moitié dubitatif. Même pas 40 minutes de concert, une vague conséquente de festivaliers commence déjà à rejoindre la sortie. On les suit ou pas ? Sur scène, trois gus avec des trompettes font du play-back. Ok, j’y vais !

Bonne fin de soirée les clubbeurs !

©Photographies de Pierre-Lou Quillard

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