Musique

Rencontre avec Kcfix, l’authentique

28 novembre 2010 | PAR Cecile David

Installé pour un an près de Newcastle, Kcfix reprend un instant la langue de Molière et nous explique d’où il vient, où il est, où il va. Kcfix mixe les cultures, les influences et les mots « avec classe ». Derrière sa façade de mec qui assure se cache un jeune artiste passionné, bien plus sérieux et posé que ses textes ne le laissent entendre.

Toute la culture : « Originaire du Ghana, tu nais et vis en banlieue parisienne, à Argenteuil. Aujourd’hui on apprend que tu t’exiles vers les terres britanniques. Un besoin d’évasion ? Une envie de conquérir le monde ?
Kcfix : Je veux être le chef ! Je plaisante. Je ressens en effet un besoin d’évasion. Les voyages c’est comme la musique pour moi, un échappatoire.
C’est bizarre, à l’étranger les gens pensent que je suis une star reconnue en France. J’ai l’impression qu’ils entendent une chanson, qu’ils voient un clip et voilà. Un ami m’a conseillé d’en jouer, mais moi je voyage avant tout pour apprendre. Je parle bien espagnol [voyage en Espagne en 2008, ndlr], j’avais envie de bien parler anglais avant ma mort.
Avant de partir on m’avait proposé un poste en tant que manager mais je ne savais pas vraiment comment ça allait finir tout ça. Je me suis dit « Vaut mieux continuer ! » Et j’ai fait mes valises.

Tlc : Ta famille est originaire du Ghana. Toi, tu as grandi en France…
Kcfix : Je suis un Français avec une culture française et ghanéenne. On disait à ma mère de parler français mais je connais bien ma culture africaine, je vais souvent au Ghana. Je suis les deux, Français et Ghanéen, je revendique les deux.
J’ai du mal à faire la part des choses entre ce que je suis et ce que je ne suis pas. Je suis un peu de tout. Au final, je suis un mec du monde.

Tlc : Tes origines africaines jouent-elles un rôle dans ta vie d’artiste ?
Kcfix : Oui bien sûr. J’écoute de la musique ghanéenne. Le neveu de ma mère est chanteur et mon père m’a laissé pas mal de vinyles ! La musique africaine fait partie de mes influences musicales, tout comme la variété française. J’ai même une flûte péruvienne ! [instrument utilisé pour le son « Malignes », ndlr].

Tlc : Rappeur, tu dis puiser ton inspiration aussi bien dans la soul, le rock, le blues, le jazz et le classique.
Kcfix : J’ai une très large palette de sons. J’écoute de tout, même si je suis peut-être plus attiré vers la soul et le hip-hop et des noms comme Common et Keziah Jones.
Mais honnêtement je ne saurais pas dire précisément quel style de musique ou quel mouvement me définit vraiment. J’écoute des sons d’aujourd’hui mais aussi de la musique classique.

Tlc : La musique c’est un son, des instruments, des notes mais aussi un texte. A l’écoute de tes morceaux, c’est évident, tu aimes la rime et les jeux de mots. Comment composes-tu ?
Kcfix : Parfois j’y vais au fil de la plume mais je n’y arrive pas vraiment. Je préfère faire des parties avant de me lancer dans l’écriture, comme pour une dissertation. Premier couplet, conséquences, etc. J’aime pas le méli-mélo. Je ne sais pas comment ils font les pros de l’impro !
Quelques fois je commence par la partie « son » plutôt que par le texte. Je me mets un rythme dans la tête. C’est très important le rythme dans la musique. Même si le texte n’est pas écrit en bon français, ce qui compte c’est que le son colle à mon univers. Il y a ce qu’on appelle « l’ego tripe », c’est quand tu parles de toi, de ta musique, mais attention, il faut que le tout veuille dire quelque chose, c’est essentiel.

Tlc: Tu passes beaucoup de temps à écrire ?
Kcfix : Oui, j’y passe pas mal de temps. A la base, je n’écris pas vraiment bien.

Tlc : Comment en es-tu venu au rap ?
Kcfix : J’ai connu un mec en troisième, en 2001. Il m’a fait écouter du rap et je n’aimais pas tellement, moi je préfère la musique aux sonorités africaines. Je lui ai dit : « C’est quoi ce délire ? » et il m’a répondu : « Écoute du bon son rap, écoute Rocé par exemple ! » Et là… J’ai complètement pété un câble ! Je ne comprenais pas. Je me suis alors mis à rapper comme ça, d’un coup. ça ma rendu fou !
Et mon père m’a relancé. « Pourquoi tu n’écris pas ? »

Tlc : Le début d’une carrière !
Fcfix : J’ai commencé par quelques concerts par-ci par-là. Je m’y suis mis dès le collège avec ShinWaroo. On a décidé de former un groupe du nom de 9syndika pour faire écho à notre département, le 95 (9cinq-9syndika). On a commencé par la danse, le hip-hop. On était graffeurs aussi, mais j’ai tout arrêté pour me concentrer sur la musique. ShinWaroo, lui, a continué et s’est lancé dans le body-painting, plein de choses en couleurs.
Le tout c’est d’être actif dans le monde artistique, d’être sans cesse dans une logique de production tout en restant cohérent.

Tlc : Puis en 2004 c’est le premier live à Herblay dans le 95 et par la suite quelques gros concerts comme celui à l’EBM.
Kcfix : Oui ! J’ai également été sur la scène du Nouveau Casino et sur celle du Gibus.
Plus récemment, j’ai participé au concours diffusé sur France Ô pour ensuite espérer monter sur une des scène des Francofolies, à la Rochelle. Je n’ai pas gagné. Et le 30 décembre 2009 j’ai réalisé un gros concert suivi d’une soirée à l’occasion de la sortie de mon tout premier album « Soit dix ans ». Oui, dix ans que je compose.

Tlc : Parle-nous de tes projets. Peux-tu nous en dire plus sur les KcSéries ?
Kcfix : J’en suis à la quatrième. Le principe c’est de faire simple, avec les moyens du bord. Les KcSéries ce sont des petites vidéos d’une minute environ, avec un instrument et une voix ou même a capela, le tout filmé très simplement.
Là je suis sur la prochaine, je n’arrive pas à dormir ! Je veux la faire en espagnol, style hip-hop. La sortie est imminente ! [C’est fait, ndlr]

Sa page fan c’est , son myspace ici et son dernier clip « Pourquoi l’amour » ci-dessous :

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Cecile David

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