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Rock en Seine – Pourquoi Paris

Rock en Seine – Pourquoi Paris

26 août 2022 | PAR Damien Poulain

Rock en Seine 2022 a déclaré les concerts ouverts depuis le 25 jusqu’au 30 août. Live report d’un jour 1 géographique et presque nostalgique.

 

Parisien

Oui, on sait, depuis 2003, tout parisien un peu rockeur, un peu slacker, plus près de la retraite dans les Cévennes que des bancs dégueus de la fac, se demande si Rock en Seine, c’est ok. Un festival en bas de chez soi, enfin à Saint Cloud, c’est quand même un peu bizarre. De La Défense à la fosse en 37 minutes de tax, c’est pas aussi primesautier que la primavera, pas aussi glam que Glastonbury, loin du bordel de Benicassim et moins rock’n’roll que la Route du rock.

Bon, ça acté, faut s’y faire, on book la Babysitt, on sort son plus vieux slim – il a rétréci ou quoi ? – on ressort un vieux produit un peu miteux acheté dans le gothico Barcelone, et on retrouve les potos dans l’Ouest parisien. Pourquoi pas finalement…

Saint Malo

Yard Act, non, on ne s’infligera pas Yungblub (faut pas déconner non plus), Spoken word vénère en mode cascade scène Cascade, la vraie révélation de Saint Malo, une semaine plus tôt. Le mec s’appelle Jean Dupont, James Smith donc, normal qu’il en veuille à ses parents. « The overload of discontent/The constant burden of making sense ». Il en veut aussi à l’Angleterre, heureusement rock en Seine le kiffe. On a tous pensé à RIP Mark E. Smith.

On passe au bar, on se prépare.

IDLES va s’emparer du festival et c’était sans surprise. Quelle puissance, quelle présence, cette tension, ces tatouages, ce lumineux objet du désir, politique. Il leur fallait au moins la grande scène, l’impression presque qu’elle était trop petite. Tellement petite que l’homme à la robe, ceux qui savent savent, s’en est échappée, il devait slammer debout, micro à la main, il n’est pas chanteur. Contrairement à Joe Talbot, que toutes et tous ont ici, là maintenant, désiré. Nous étions tous sa « fuckin’audience », il nous rendait notre amour, 45 minutes de passion charnelle et sapiosexuelle. Artiste et public en pleine synchronicité. Le groupe le plus important du moment.

 

Les Fontaines dans la Cascade

Il fallait enchaîner sur les futurs U2, Fontaines DC – pas facile d’être irlandais – d’après une certaine presse anglaise. Scène Cascade donc. Faudrait voir à pas devenir Coldplay. La grande scène les a boudés, certains se demandaient pourquoi, quoi ? C’est une erreur, nan ? Des compos, du son et lumière et la petite gueule d’ange de Chatten. Les mecs enchaînent les albums, les singles et finalement jouent comme ils avancent dans le music business, trop vite. On a pris du plaisir quand même mais fallait pas passer après Talbot et ses lads galeux. Hendrix aux Who : « les gars, je passe après, vous ouvrez ? – ben non, on est les Who-nous » Alors Hendrix plug sa guitare, met les poils à tout le backstage. Se retourne vers Pete Townshend : « tu veux toujours passer derrière ? »

Vite vite vite

Tout le monde court – pas nous – rejoindre l’ex-néocalifornien Alex Turner et les Arctic Monkeys, qui après avoir tourné le dos à l’Artique pour s’installer à Los Angeles (?), est revenu à Londres. On n’a pas couru parce qu’on sait depuis longtemps que le meilleur album de Turner, c’est qu’il a produit avec son mauvais garçon Miles Kane, tous les morceaux sym-Fou-nik des Last Shadow Puppets. Et puis les Arctic, c’est un truc bien pour les gosses. Bref, 30 minutes plus tard, hurlant « I bet that u look good on the dancefloor », on se rappelle que le groupe a 20 ans, qu’à défaut d’être tragique – the Cure – il est magique. Alex et ses potes de collège plie le game du jeudi. On repart au bar le sourire en coin. Well done Alex. Merci RES.

 

Visuel : ©IDLES-Tom-Ham-Presse

 

Programme complet et  billetterie ici

 

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Damien Poulain

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