Pop / Rock
Peaches exhume les folies des seventies à la Cité de la Musique

Peaches exhume les folies des seventies à la Cité de la Musique

06 novembre 2018 | PAR La Rédaction

La chanteuse canadienne a interprété dimanche 4 novembre tous les personnages de « Jesus Christ Superstar », la comédie musicale culte, qui a gardé une belle pertinence 50 ans après.

Par Paul Fourier

Créé en 1970, l’opéra rock de Andrew Lloyd Weber et Tim Rice s’inscrit dans la période révolutionnaire de ces années folles post 68. Basée sur des dialogues triviaux, l’œuvre apparaît aujourd’hui tellement irrévérencieuse et potache que sa création serait difficilement concevable en 2018 dans un contexte d’expression des fondamentalismes religieux et de reculs des libertés un peu partout dans le monde. Issue d’un album initial, la comédie musicale montée à Broadway puis dans beaucoup de pays, dont la France, est devenue culte.

Le récit relate les 7 derniers jours de Jésus, fait de Judas et Marie-Madeleine deux des principaux personnages et finit par une crucifixion plutôt décapante du « Mister Wonderful Christ (come on, king of the jews !!! ) ». Penser qu’un OVNI pareil puisse voir le jour en 2018 est presque une incongruité d’autant que l’œuvre prend également une véritable dimension contemporaine avec ses regards ironiques sur la popularité ou la « vox populi ». Au-delà de l’attirance pour cette musique tellement seventies, ce sont probablement aussi ces éléments qui ont amené la chanteuse canadienne Peaches, amoureuse de cette comédie musicale, à la « recréer » en 2010 à Berlin en y interprétant tous les rôles. C’est cette performance qui nous était offerte dimanche 4 novembre à la Cité de la musique et cette plongée dans ce monde psychédélique fut un véritable bonheur. D’autant que la chanteuse est, par son expression et ses tenues, aussi baroque que l’oeuvre et qu’elle peut se permettre de moduler sa voix puissante en fonction des tessitures féminines et masculines des personnages qu’elle interprète.

En véritable bête de scène, elle a fait monter la sauce, magistralement accompagnée par le pianiste, Mathias Halvorsen, à qui échoue la rude tâche de faire orchestre à lui seul. La tâche n’était pourtant pas aisée face à un public venu principalement pour la curiosité de la re-création de cette œuvre culte et non pour la performance de la Diva electroclash berlinoise. L’intrusion sur scène joyeuse, au moment de la crucifixion, d’un groupe de « spectateurs » a fini de chauffer l’ambiance et, pourquoi pas, d’inciter au moins une partie des spectateurs à partir en recherche d’un pantalon pattes d’éléphant et d’une chemise à fleurs outrageusement et délicieusement ringarde.

À la sortie de cette plongée excitante dans ces années psychédéliques qui paraissent si loin aujourd’hui – temporellement et artistiquement – on se dit : quelle époque géniale et quelle artiste génialement en phase avec le défi qu’elle s’est posé. Encore !!!!

visuels (c) DR

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