Théâtre

A découvrir impérativement: Helsingør – château d’Hamlet, théâtre immersif de Léonard Matton

A découvrir impérativement: Helsingør – château d’Hamlet, théâtre immersif de Léonard Matton

06 novembre 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Léonard Matton propose une adaptation en théâtre immersif de Hamlet de Shakespeare ; Helsingør – château d’Hamlet au Secret, lieu dédié à ces expériences de théâtre en 3D.

Dédié à la création théâtrale immersive sous toutes ses formes, Le Secret propose aux troupes dans les murs d’une ancienne usine une surface de plus de 1200 m2 en un espace plastique et multiforme, à l’instar d’un terrain de jeux d’enfants à l’âge où l’esprit de conquête se joue sous des tentes fabriquées dans le salon avec des draps des balais et des oreillers.

Léonard Matton inaugure le lieu avec son Helsingør – Château d’Hamlet, une adaptation de la pièce de Shakespeare. Le principe actif du théâtre immersif se fabrique à l’opposé du théâtre de rue. Pour le théâtre de rue, le plateau se résume à la zone occupée par le comédien; hors cette zone, il y a le hors champ où déambulent les spectateurs. Dans le théâtre immersif, le hors champ disparaît, seul le plateau en dédale demeure, et les spectateurs se promènent sur ce plateau; ils en deviennent acteurs par destination.

Au cœur de ce décor, le public est invité à évoluer au plus près ou éloigné de l’action dans un réseau de six pièces: une salle du trône, trois chambres, une chapelle et un jardin-cimetière. Une régie son lumière rigoureuse, exploit de Claire Mahieux orchestre les scènes qui s’agencent, parfois successivement parfois entremêlées en vue de traverser toute l’intrigue écrasée en une nuit. 

Le geste est prodigieux. Nous participons à la procession de l’enterrement de Ophelie (impressionnante Marjorie Dubus); nous sommes rendus complices de la mort de Polonius (Dominique Bastien défend son personnage ambivalent avec brio); nous restons désemparés devant la mort de Hamlet (Stanislas Roquette incarne parfaitement un Hamlet blessé et rebelle ) de sa mère (Claire Mirande est une magnifique Gertrude) et applaudissons celle de Claudius (Roch-Antoine Albaladéo déploie avec talent toute la force du rôle et la cruauté du personnage). La tension est intense et perle de proche en proche au sein du public, aux neurones joyeusement illuminés par le dispositif, jusqu’à le plonger dans le temps et l’espace de l’intrigue, dans l’intrigue  elle-même.

Cette proposition est une expérience théâtrale unique à découvrir impérativement jusqu’au 23 Novembre au Secret 18 rue Larrey, 75005 Paris

 

 

Photo credit : ©Melanie Dorey—Le Secret

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David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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