Pop / Rock
[Live report] The Lanskies au Divan du Monde

[Live report] The Lanskies au Divan du Monde

26 mars 2014 | PAR Bastien Stisi

Pour la release party de leur second album Hot Wave, organisée hier soir du côté du Divan du Monde, les Français de The Lanskies ont fait parler la poudre et la pop parfaitement exécutée, confirmant avec efficacité la flatteuse réputation scénique qui leur colle aux basques depuis leurs débuts il y a quasiment dix ans.

Oh ! Tiger Mountain : doux enragé au rugissement habité

Des guitares, un clavier, une voix chaude de crooner pas encore fatigué, des énonciations samplées balancées en guise de solennités…ce sont d’abord les deux Français de Oh ! Tiger Mountain qui investissent la scène du Divan du Monde. Échappés d’une courte nouvelle de Kerouac (ou d’un long disque de Tom Waits), l’insolite tandem, porté par le charisme foudroyant de son songwritter Mathieu Poulain, injecte dans la langue de Jack White une pop noyée dans un blues rock éméché et croisé avec une alchimie de country, de folk, de rock sacrément crevassé.

Sur scène ou directement aux côtés du public dans la fosse, Mathieu Poulain, habité comme un doux enragé, récite les comptines âpres et poétiques de The Start of Whatever, deuxième album d’une collection discographique marquée par la pesanteur du superbe « New Religion », salué par les yeux conscients et approbateurs d’un public charmé. Psyché, sinueux, exalté, marginalisé…ce tigre-là paraît être l’un des derniers résistants d’une espèce dangereusement en voix de disparition : celle de ces artistes portant l’authenticité viscérale tout en haut de leurs priorités.

The Lanskies : vague chaude, pop enivrante

Un intermède un peu long, une salle qui s’emplit largement de fans de la première heure, et puis enfin, l’arrivée des cinq Lanskies et de leur bonne humeur communicative sur scène, qui ne tardent pas à élancer les tonalités pop, rock et new wave d’un univers que le groupe a également l’habitude de qualifier de « hot wave » (les sons froids de la new wave ajustés à la chaleur de la pop). Hot Wave, c’est justement le titre du second album du groupe présenté hier soir pour la première fois aux yeux et aux oreilles du public parisien, un second album récité dans sa quasi-totalité, du groove de « Move It » aux sucreries shakespeariennes du tube « Romeo ».

Une heure et demie de concert, une reprise (assez fidèle) de l’immense hymne « My Generation » des Who, et une pop électrique scandée par la voix d’une horde de guitares et par celle, élégante et endiablée, de Lewis Evans, l’enthousiasmant chanteur franco-british du groupe. Survolté et chaleureux, ce dernier parcourt et investit la (petite) scène du Divan en même temps que les contours d’une discographie dont les tubes les plus puissants (l’hédonisme pop de « Porno », la cavalcade disco rock de « 48 hours », d’abord interprétée en mode acoustique) provoqueront le contentement ostentatoire des quelques sérieux acharnés dans la fosse et de larges sourires sur les visages des autres.

Avec l’aide de cuivres et de guitares ajoutées, les Caennais termineront finalement avec une interprétation enflammée du tube « Bank Holiday », bientôt suivi d’une deuxième, au cours de laquelle les membres du groupe réciteront leur punk de dancefloor au milieu d’aficionados littéralement exaltés.

En sortant du Divan, on nous rappellera à l’accueil que la soirée n’est pas encore terminée, et que les membres du groupe sont sur le point de revenir sur scène afin d’effectuer un dj set vespéral et sans doute toujours bien vitaminé. On préférera gentiment repousser l’offrande, tout en se permettant de divaguer : avec l’état de forme détonnant affiché hier soir par la bande de Lewis Evans, on se demande si les mecs ne sont pas encore en train de jouer à l’heure à laquelle on écrit les dernières lignes de ce papier…

Visuel : © Lucie Sassiat

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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