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[Chronique] « Hot Wave » de The Lanskies : insolence punk et hédonisme pop

[Chronique] « Hot Wave » de The Lanskies : insolence punk et hédonisme pop

23 février 2014 | PAR Bastien Stisi

Trois ans après Bank Holiday, les Frenchy de The Lanskies refont sauter les verrous qui séparent le post-punk de la new wave, et livrent avec Hot Wave l’un des meilleurs albums rock issus du sol hexagonal de ce début d’année.

The Lanskies Hot Wave[rating=4]

En 2014, évoquer la scène musicale normande revient le plus souvent à déposer sur les lèvres les noms de Superpoze, de Fakear, de Concrete Knives, de Samba de la Muerte, et globalement de toute cette intelligentsia électronique faiseuse de rêveries world et de tonalités numériques soudainement médiatisée depuis quelques mois par une tendance toute contemporaine.

The Lanskies, eux, viennent également de Normandie, mais plutôt que de complications intellectronisées, favorisent sur Hot Wave l’exécution d’un rock parfois frontal, et largement puisé dans les productions de leurs voisins du royaume britannique (de Joy Division à Foals, de Franz Ferdinand à Bloc Party). Et s’ils évoquent avec tant d’évidence le post-punk fabriqué dans la grisaille salasse d’outre-Manche, c’est aussi sans doute que leur chanteur Lewis Evans en est originaire, tout comme leur producteur londonien Clive Martin (The Dodoz, Naïve New Beaters, Négresses Vertes…), venu parfaire le travail d’un album construit entre les États-Unis, la capitale londonienne et le Nord-Est de la France.

Tour à tour amplifié par des sonorités lumineusement new wave (« 48 Hours »), disco pop (« Romeo ») ou même hip hop (« Move It »), Hot Wave est parfois semblable à l’excellent travail des Von Pariahs sur leur débandade post-punk Hidden Tensions (un groupe dont le chanteur est également né en Grande Bretagne, pas de hasard…), et s’inscrit dans la plus pure tradition de ces albums viscéralement rock qui n’en oublient pas pour autant d’accorder l’importance qu’elles méritent aux inspirations mélodiques les plus remuantes.

Plus excités que sur Bank Holiday, le britpop assaisonné de new-wave et de hip-hop de ces Français perfectionnistes (trois ans de taf sur l’album, quand même) frise l’insolence punk tout autant que l’hédonisme pop. Le mélange est savoureux, et l’envergure judicieuse.

En concert au Divan du Monde le 25 mars.

The Lanskies, Hot Wave, 2014, ZRP, 34 min.

Visuel : © pochette de Hot Wave de The Lanskies

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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