Pop / Rock
[Live report] Aline au Café de la Danse : léger, charmeur et trémoussant

[Live report] Aline au Café de la Danse : léger, charmeur et trémoussant

22 février 2013 | PAR Bastien Stisi

Véritable phénomène pop de ce début d’année 2013, fer de lance d’une « french pop » émergente et érudite, les garçons d’Aline poursuivaient hier soir leur tournée hexagonale débutée il y a quelques semaines en venant présenter leur premier album au cœur de la pagaille du onzième arrondissement et du Café de la Danse. Une performance pleine, sincère, et de larges sourires dessinés sur les visages d’un public parisien venu remplir la salle à ras bord :

Il y a quelques jours, les membres d’Aline nous confiaient, lors d’une longue et enrichissante interview, leur volonté de renforcer le côté énergique de leurs partitions lors des productions lives, et de faire raisonner les guitares un peu plus chaudement que lors des enregistrements studios. La promesse, dès lors, fut de toute évidence tenue.

De la même manière que les membres du groupe introduisent Regarde le Ciel, leur premier album studio sorti il y a quelques semaines, c’est à l’aide des « Copains », morceau instrumental et longiligne, qu’Aline introduit son propos et invite le Café de la Danse à s’infiltrer dans son univers pop, léger et follement rafraichissant. Trop ravis d’occuper enfin la tête d’affiche après des années de vagabondages musicaux, les membres d’Aline, menés par le chanteur Romain Guerret et par le guitariste Arnaud Pilard, tous deux vêtus comme aux plus folles heures des années 80’ d’une veste et d’un pantalon en jean, remercient chaleureusement un public venu en nombre, clairsemé comme à son habitude entre la fosse, les gradins confortables et les environs du bar, qui ruissèle encore sans doute des quelques pintes de bière renversées en son sein durant le concert…

Rapidement, une acclamation superbe et véritable vient accueillir les premières notes de l’enivrant et entêtant « Je Bois et puis je Danse », et laisse le Café de la Danse, sans doute sensible à la concordance nominale de la salle et du morceau en question, partager les désillusions amoureuses de ce garçon malchanceux et rêveur, incapable de mordre dans la chair et de prendre dans ses bras cette fille désirable, légère et arrogante. Bientôt, ce sera  au tour de la naïveté printanière des « Deux Hirondelles », titre évocateur des deux filles du chanteur Romain Guerret, de venir résonner joyeusement dans la salle, de la même manière que le fera le titre « Voleur » et sa sensualité joviale.

Les fans de Daho et de Taxi Girls hochent la tête dans les gradins, ceux des Cure et des Smiths font virevolter leurs corps dans la fosse, de larges sourires se dessinent inlassablement sur des visages : la pop des eighties est présente au Café de la Danse, légère et naïve, mais elle n’est pas venue seule. À certains moments en effet, les morceaux d’Aline mettent quelque peu en retrait les lignes de basses claires et régulières et se mettent à flirter ostentatoirement avec le rock (sur « Obscène, notamment), sans se décider toutefois à l’embrasser pleinement, subtil dosage soigneusement préparé et pensé par le groupe pour ne pas basculer dans le rock français pur et dur… Quelques effluves de sonorités irlandaises, échappées d’une flûte aux sifflements légers et aléatoires, se répandent également dans les larges travées du Café de la Danse sur « Teen Whistle », formidable ballade sans durée de vie d’une efficacité véritable.

Dire qu’Aline se résume aujourd’hui avant tout dans l’imaginaire collectif à un seul et unique titre, aussi sensationnel soit-il, serait galvauder le succès actuel du groupe et la dextérité évidente de son premier album. Il n’en demeure pas moins qu’en guise d’interprétation terminale, ce sont bien les lignes de basses funky et les douces percussions de « Je Bois et puis je Danse » qui résonnent une seconde fois dans la salle. Entre la première et la seconde interprétation du tube, le public a eu largement le temps de voir monter l’alcool dans son organisme, à l’image du anti-héros de la chanson, et peut se permettre alors de balancer encore davantage son corps et de reprendre dans ses grandes largeurs les paroles désolantes et enjouées du tube. Communion sublime entre le groupe et son public, pour un morceau qui n’a de toute évidence pas terminé de faire lever des verres à sa santé.

Certains d’entre vous n’ont sans doute pas fini de vouloir danser et de s’enivrer aux côtés d’Aline et de son quatuor merveilleusement rafraichissant. Pour ceux-là, il faudra se souvenir que le groupe sera de retour dans la capitale au mois de mai, à l’occasion d’une nouvelle date donnée à l’Alhambra, pour une nouvelle cuite pop et guillerette en perspective. Vivement le printemps.

Visuel © : Regarde le Ciel d’Aline

Les pères et les mères sont des êtres humains comme les autres, de Paul Mesa
Playlist de la semaine (4)
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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