Pop / Rock
L’interview stroboscopique : Cults

L’interview stroboscopique : Cults

27 mars 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur Cults, le duo mixte et indie venu de Manhattan, sur le point de présenter son second album Static à un public français élargi (Toulouse, La Roche sur-Yon, Bordeaux, Rennes, Tourcoing, Reims, Metz) dans le cadre du festival Les Femmes s’en Mêlent

Votre second album est bien plus sombre que le précédent. Doit-on voir avec cette évolution l’arrivée d’une certaine forme de maturité dans votre musique ?

Brian Oblivion (guitariste du groupe) : Je ne crois pas, ou en tout cas je n’espère pas : ce serait triste de devenir déjà trop mature ! Une grande partie de l’enjeu de ce disque consistait à explorer des choses que nous n’avions pas pu creuser sur le premier album. Et d’essayer de dessiner une sorte de deuxième face de la médaille avec ce nouvel album. Pour moi, musicalement, cela voulait dire sortir de la tonalité majeure et expérimenter de la dissonance ; mais cela voulait aussi dire travailler avec des grooves beaucoup plus lourds, qu’on peut voir comme des rythmes beaucoup plus propices à la danse.

Static est plus sombre que votre premier album éponyme, mais toujours aussi lumineux. En musique, êtes-vous de ceux qui pensent que l’on peut tisser un lien entre la lumière et les ténèbres ?

B. O. : En fait, nous avons toujours été attiré par ce genre d’imagerie dans nos chansons, et ce même si je n’en connais pas forcément la raison. Mais il est vrai que c’est étrange à quel point une chanson triste peut nous faire ressentir de la joie, et à quel point les chansons les plus triomphantes peuvent être déchirantes. Je crois que quand vous pincez réellement une corde, vous réalisez une catharsis, et vous pouvez libérer tous vos désirs et vos regrets dans une sorte de thérapie émotionnelle.

Static est également plus rock que votre premier album. Doit-on désormais parler d’ « indie rock », et plus d’ « indie pop » ?

B. O. : C’est drôle que tu parles de ça, parce que c’est un débat que Madeline (ndlr : la chanteuse du groupe) et moi avons tout le temps. Lorsque les gens nous demandent quel genre de musique on fait, je réponds toujours « Rock & Roll », alors qu’elle répond toujours « Pop » ! Je pense qu’elle a peur de la connotation que l’on peut donner à la musique rock en 2014, et que certaines personnes rapprochent notre musique de Kings Of Leon ou d’autres groupes de ce genre. Mais pour moi, tout revient finalement à la vieille musique rock & roll !

Au début de l’aventure Cults, vous étiez tous deux étudiants en cinéma. Pouvez-nous imaginez une association de Cults plus prononcée encore avec un projet cinématographique ?

B. O. : C’est toujours agréable lorsque l’on a l’occasion de le faire, que ce soit avec nos vidéos, nos prestations scéniques ou les projets sur lesquels nous travaillons avec d’autres personnes. Mais à l’heure actuelle, on est éperdument amoureux de musique, et consacrons presque tout notre temps à elle. Maintenant, on ne sait évidemment pas de quoi le futur sera fait.

Vous êtres programmé à l’affiche du festival Les Femmes s’en Mêlent, imaginé initialement afin de célébrer la Journée de la Femme. C’est important pour vous de mettre en avant le côté féministe de votre musique ?

B. O. : Pour une femme, je crois qu’il n’y a jamais eu de moment aussi propice dans l’histoire pour être musicienne. C’est très excitant de voir les barrières tomber. L’industrie de la musique qui se déstructure de plus en plus, l’avènement de la musique électronique…n’importe qui aujourd’hui peut faire de la musique, et de nombreuses et talentueuses musiciennes prennent de fait la place autrefois réservée aux garçons.

Je suis à la recherche de sons pour remplir mon i-Pod…quelque chose à me conseiller ?

B. O. : Le nouvel album de War on Drugs est vraiment brillant. Nous sommes également amoureux de Connan Mockasin, et aussi de Timbre Timbre. Ou sinon, tu peux aussi faire comme nous et juste écouter le bruit blanc toute la journée en essayant d’attrapper quelques « zzz » dans le van…

Toutes les dates de Cults dans le cadre du festival Les Femmes s’en Mêlent sont à retrouver par ici.

Visuel : © pochette de Static de Cults

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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