Pop / Rock

L’interview stroboscopique : Cléa Vincent

L’interview stroboscopique : Cléa Vincent

08 janvier 2015 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur la pop désuète et moderne de Cléa Vincent, sur son « Château Perdu » chaviré, sur la liaison retrouvée entre disco pleine de tendresses et chansons pleines de promesses.

Mince, qu’est-ce que tu a mis comme drogue étrange dans ton « Château Perdu » pour que ce tube soit addictif à ce point ?

Cléa Vincent : Merci c’est gentil. J’y ai mis beaucoup de passion. L’amour est une drogue méga puissante qui inspire des chansons et « Château Perdu » est une chanson d’amour.

Tu es passée par la case major (chez Polydor) avant de connaître le cheminement indé (chez Midnight Special Records) qui est maintenant le tien. Tu n’as pas l’impression de tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre ?

C. V. : Oui, je reconnais que j’ai tout fait à l’envers… L’erreur de signer trop tôt chez un gros label m’a fait perdre du temps, mais c’était aussi une bonne leçon, comme de plonger dans le grand bain sans avoir appris à nager. J’ai été fort heureusement repêchée par Midnight Special Records. J’apprécie vraiment la petite échelle de Midnight, avec Victor (le boss du label) y a pas de chichis, on décide de sortir un disque ensemble et deux mois plus tard il est disponible à la vente… C’est ça les petits labels, les délais sont courts et les conseils avisés. Du coup on progresse très vite.

Ton premier EP (hors cet album chez Polydor qui n’a jamais paru…) s’appelle Non Mais Oui ! 1/2, et le second Non Mais Oui ! 2/2. S’agit-il donc bien d’un diptyque discographique ?

C. V. : Hein heiiiin, peut-être même un triptique…

Tu es consciente qu’en 2015, citer France Gall et Véronique Samson dans ses influences musicales n’est pas forcément se positionner (initialement en tout cas) comme la personne la plus hype du monde ?

C. V. : Ahahahah ! Véronique Sanson était très moderne pour sa génération, être une femme et chanter au piano, composer des chansons à l’époque devait certainement être très mal vu. Elle a eu cette audace, elle a participé à l’émancipation de la gente féminine.  Elle a également quitté un homme (Michel Berger) du jour au lendemain pour en rejoindre un autre (Stephan Stills) aux USA, c’est une femme de passion, comme on en trouve encore aujourd’hui… Quant à France Galle elle était assez « hot » avec ses « Sucettes à l’anis » même si elle n’en avait pas conscience… Je ne suis pas sure qu’une chanteuse de maintenant soit capable d’assumer un tel texte …

À ce propos : en mars dernier, le Next de Libération parlait de toi comme l’une des porte-paroles de ce qui était alors nommé « Gnangnan Style »…Qu’est-ce que tu en as pensé ?

C. V. :  À l’époque « yéyé » était une insulte et c’est devenu un courant musical… Est-ce que « Gnangnan » ne serait pas un  nouveau courant musical ? Si c’était ça, j’en serais très fière !

D’un point de vue discographique, où en es-tu ?

C. V. : J’ai sorti deux EP et je vais en sortir un troisième au printemps. Puis on verra si je fais ou pas un album, le format court me plait beaucoup, sortir des petits formats régulièrement (tous les six mois) c’est super stimulant… Et j’ai besoin de ça pour écrire ! L’idée d’un album met une grosse pression quand même, je préfère publier des morceaux régulièrement kit à faire des compilations à la fin de chaque année…que de m’enfermer un an pour sortir un truc qui sera écouté à moitié…

Je suis à la recherche de sons pour remplir mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

C. V. : Je te conseille d’aller écouter les songwriters brésiliens : Jorge Ben, Caetano Veloso, ça te réchauffera un peu… Quand tu tombes dans la musique brésilienne c’est comme dans la soupe, ça rend plus fort !

En concert au Trois Baudets le 21 janvier et à l’Église Saint-Eustache le 26 mars.

Visuel : (c) pochette de Non Mais Oui ! (2) de Cléa Vincent

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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