Pop / Rock

Rencontre avec Cléa Vincent, une artiste solaire

Rencontre avec Cléa Vincent, une artiste solaire

08 avril 2019 | PAR Luca Juilliard

Le 1 mars dernier sortait “Nuit sans sommeil” deuxième album de Cléa Vincent. Figure de la “french-pop”, cette jeune parisienne fait office de rassembleuse et d’initiatrice dans ce mouvement qui prend toujours plus d’importance. Depuis novembre dernier, elle anime l’émission web “Sooo-pop” ou elle réussit avec légèreté à faire le lien entre la nouvelle et l’ancienne génération de musicien amoureux de la langue française. Nous sommes allés à sa rencontre pour vous faire découvrir cette artiste singulière à quelques jours de son concert à la Cigale.

Bonjour Cléa, nous sommes ravis de te rencontrer et avons écouté ton album avec plaisir. Peux-tu nous parler des conditions d’enregistrement ?

Bonjour, pour cet album j’ai eu beaucoup de chance, car j’avais l’accès au studio tout un mois ce qui est beaucoup! J’ai donc pu prendre le temps de travailler le son et enregistrer mes morceaux sans me presser. L’idée pour cet album était de reproduire des conditions de studio électronique, avec peu de place et beaucoup de machine. La couleur que je voulais donner à l’album nécessitait cette configuration. Nous nous sommes vraiment isolés avec Clément Roussel et Raphaël Léger pour se mettre dans des conditions optimales. Ils m’ont beaucoup aidé et conseillé sur ma manière d’enregistrer les synthés, la voix. C’est une approche différente que sur mes précédents projets. Pour mon Ep Tropi-Cléa par exemple, c’était complètement l’inverse, nous avions deux jours et sept musiciens pour enregistrer les cinq titres. C’était vraiment une expérience différente, le chant été réalisé en une prise et pour les instruments nous n’avons fait que quelque re-take. La couleur et l’impression que laisse cet Ep est très différente, plus proche d’un album live. C’est intéressant pour moi d’aller chercher toujours des expériences différentes, j’aime beaucoup prendre des risques, c’est ce qui me motive.

Avant de parler du fond, parlons de la forme. Il y a 11 titres sur Nuit sans sommeil tout comme pour Retiens mon désir, pourquoi ce choix sur ces deux albums ?

C’est une bonne question, je pense que ça vient de mon expérience d’auditrice. J’aime pouvoir écouter les albums en entier et suivre une histoire jusqu’au bout. Plus que le nombre de titres, je dirais que quarante minutes est une bonne durée, ça laisse le temps de vraiment rentrer dans l’énergie de l’album sans être interminable. Et puis, quand j’écoute un album de 24 titres je trouve parfois que les propos se perdent dans la multitude de textes et de sonorités. Pour des albums de 8 titres, on reste toujours sur notre faim.. Après, ce n’est vraiment pas une science exacte, j’adore des albums de deux heures comme des plus courts mais pour ma musique, je trouve que cette durée est l’idéale.

Derrière la simplicité de tes paroles, on sent des émotions plus profondes. Peux-tu nous parler un peu de tes textes et de ta manière d’écrire ?

C’est vrai qu’on peut avoir se ressentit sur mes textes, j’aime beaucoup la simplicité, je trouve que les messages passent beaucoup mieux lorsqu’ils sont formulés ainsi. L’écriture vient souvent après la musique et en fonction des mélodies. Mes textes les plus forts ne sont souvent même pas écrits, ils sortent tout seul et je ne les retouche presque pas. La spontanéité occupe une part importante dans ma musique, j’apprécie beaucoup cela chez les autres artistes et ça se ressent forcément chez moi. C’est pour ça que mes paroles ne peuvent être considéré au premier degré. Sur le morceau “Laisse-toi aller” par exemple, je parle de certains de mes ami(e)s qui changent de parcours, je ressens leurs doutes et leurs donne tout mon énergie pour oser. Ce n’est pas dis d’une façon très directe mais en l’écoutant, j’espère qu’on entend ce message d’encouragement. Sur “Soleil dans la mer” je parle du désir dans de longues relations amoureuses, l’envie de toujours avoir envie de vivre des moments uniques ensemble, même après des années. A l’inverse, le morceau “Nuit sans sommeil” évoque une rencontre et le sentiment unique des prémices de l’amour. Mes paroles s’inspirent des différents états émotionnels dans lesquels j’ai pu être ou ressentir chez mes amis, ces états sont irrationnels et durs à mettre en paroles, j’essaie de trouver des images pour les expliciter.

Et comment ce passe la composition ? Tu es pianiste de formation, j’imagine que tu commences par la ?

Oui, le piano est vraiment mon instrument de prédilection. Je commence donc par trouver des riffs et une mélodie au piano, ensuite viennent les paroles. Je compose toujours seul, grâce au clavier midi et aux logiciels, je peux vraiment composer partout! J’enregistre une petite version maquette pour garder une trace, c’est d’ailleurs un bon moyen de se rendre compte de l’efficacité des morceaux. Si le rendu sonne bien avec une qualité d’enregistrement moyenne, tu sais que le morceau va vraiment prendre une belle dimension en studio. C’est toujours difficile de dépasser sa pudeur pour se livrer vraiment, je suis parfois un peu complexée par ce que j’écris.. C’est pour ça que j’aime composer seule, j’essaye de trouver le moment et l’environnement le plus propice au laisser aller. J’aime prendre tout un après-midi ou une soirée pour vraiment avoir le temps d’arriver à cet état.

On parlait tout à l’heure de ton Ep Tropi-Cléa sortit entre les deux albums, il est en effet très différent, notamment par sa sonorité très Bossa-Nova, d’où t’es venu cette influence brésilienne ?

C’est vrai que ce projet sonne différemment, tout d’abord par les conditions de son enregistrement dont je t’ai parlé précédemment. Pour l’influence ce n’est pas un voyage comme tu le pensais, je prenais des cours de piano avec Phillipe Baden Powel, il est originaire du brésil et est imprégné par la bossa nova. A force d’en jouer pour m’entraîner, cela a forcément influencé mes propres morceaux. J’aime l’idée de mélanger cette musique latine avec la sonorité de la langue française! C’était un vrai défi, j’ai composé et arrangé l’Ep seule.(sauf pour Destination tropicale ou j’ai été aidé par Kim Gianni et Raphaël Thyss), cela m’a aussi beaucoup apporté! C’était une chouette parenthèse entre les deux albums.

Parlons du live maintenant, tu commences une longue tournée par la Cigale, comment abordes-tu cette date et la tournée qui va suivre ?

J’ai vraiment hâte ! C’est la deuxième fois que j’ai la chance de m’y produire et j’adore cette salle. On travaille beaucoup avec le groupe pour être prêt et donner le maximum. J’ai fait le choix de garder la même formations que pour ma première tournée, ce n’est pas facile, car cet album est enregistré avec beaucoup de bandes sonores. Il a fallu réfléchir à de nouveaux arrangements, je suis contente, les morceaux prennent encore une autre dimension sur scène, ça leur donnent une nouvelle couleur. J’aime le côté rock band et me serais difficilement vue seule sur scène avec des enregistrements en fond. Je trouve que la force d’un concert réside dans la performance des musiciens, il n’y a que Beyoncé qui peut chanter sur du playback et en imposer. Et puis, c’est un plaisir d’être entouré de mon groupe, on se connait par cœur et on aime passer du temps ensemble. Après, ça donne une pression supplémentaire, la qualité du show repose sur nos épaules, quand tout est joué, on a pas le droit à l’erreur!

Et pour la suite, quels sont tes projets ?

Faire du live! On a plusieurs dates de prévus cet été en festival et puis on va essayer de tourner au maximum pour défendre cet album. La première tournée avait  durée plus d’un an et demi, j’espère que celle-ci sera aussi longue et heureuse!

C’est tout ce qu’on te souhaite! Merci d’avoir répondus à nos questions, on se voit le 9 avril pour ton concert à la cigale.

Cléa Vincent “Nuit sans sommeil” sorti le 1 mars 2019

Facebook : https://www.facebook.com/cleavincentmusic/

Il reste des places pour le concert du 9 avril ici

Luca Juilliard

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