Musique
Johnny Mafia 4ever

Johnny Mafia 4ever

02 décembre 2021 | PAR Pierre Pouj

Hier soir, la péniche du Petit Bain a tangué comme rarement pour un concert de deux Johnny.ie pour le coup bien vivant.es, et c’était un pur plaisir.

C’en devient insolent. Les Johnny Mafia reviennent avec, encore, un album dopé aux stéroïdes. Les guitares saturées, avec cette toujours aussi caractéristique guitare soliste, la basse massive, les crashs, ces refrains à crier à travers les murs, tout est là. Et l’on pourrait se dire que c’en est trop, que l’overdose se rapproche à grand pas, mais non. La recette fonctionne encore et toujours. Il convient de mettre en avant « Sentimental », chanson éponyme de l’album, qui, entre les guitares et les crashs, sort de l’ordinaire par sa couleur, sa mélancolie jamais trop écoutée dans la discographie de notre quatuor de Sens préféré.

Pour le reste, cet album est une réussite. On pourrait malgré tout regretter un retour en arrière par rapport à leur précédente sortie. En effet, dans Princes de l’Amour (sorti en 2018) l’album était pourvu de différentes couleurs, de différent.es ressentis et textures. Il n’était pas forcément basé que de grosses guitares, on retrouvait des différences de ton. Ici, avec Sentimental (sorti en fin mai 2021), on retrouve un album dans la veine de leur première sortie. Ce n’est pas un mal, loin de là, mais il reste quand même important de le souligner. En un peu plus d’une demi-heure et 13 pistes, nous voilà avec l’énergie débordante des Johnny Mafia, et ça fait toujours autant de bien.

Attention, des Johnny peuvent en cacher d’autres ! Pour ouvrir ce concert du soir s’avance un trio mixte. Une chanteuse guitariste, un bassiste et un batteur, tous deux backeurs, voici Johnnie Carwash. Après un début un poil hésitant, pas toujours carré ni juste, le groupe prend petit à petit confiance et lance les grosses guitares. Dans un set tirant du rock indé au garage, ce qu’on retient le plus est cette énergie qui transpire au travers des Johnnie.

Leur complicité sur scène est communicative, on se surprend à s’imaginer être le quatrième membre de ce trio étonnant. Chantant, criant parfois, leur mélancolie sur des instrus surf rock, il parait nécessaire de souligner une certaine originalité dans la composition et l’arrangement de certaines de leurs chansons. Il n’en a pas fallu beaucoup pour échauffer les épaules de certains et certaines fans du groupe présent.es dans la fosse. Une première partie haute en couleur et en énergie et une vraie découverte.

Puis, bien sûr, dans une salle comble et chauffée à blanc, voici voilà, le quatuor du soir. Que dire de plus que ce qui a déjà été dit (ici ou ) ? Les Johnny Mafia sont un groupe exceptionnel, que ce soit en live ou en studio. L’écoute de tout ou partie de leur trois albums comporte déjà une dose d’énergie folle. Et les voir en live décuple les sensations. La fosse en a fait les frais, dans un mélange de corps transis par les hymnes du groupe. C’est là où se trouve ce truc qui fait le quatuor de Sens. Leur capacité à créer des hymnes. On peut ne pas aimer le garage rock, leur style, mais on peut aisément reconnaître cette capacité à fédérer autour de deux accords et trois notes.

Et preuve en est hier soir, devant un Petit Bain au complet, la recette a fonctionné. Le set, agrémenté de guests fréquents (leur deux anciens batteurs), de Raphaël, chanteur des We Hate You Please Die (qui joue ce soir, on y sera), de Bastien, bassiste des Johnnie Carwash, et de Benoît et Clément, idoles sénonais de notre quatuor du soir, est un condensé de leur talent. Non sans quelques pointes d’humour, petite marque de fabrique du groupe, les Johnny sont monstrueux. En à peine une chanson, la fosse s’enflamme, les corps s’emmêlent, les voix se superposent, la péniche tangue. Et ce pendant plus d’une heure. On en ressort lessivé, mais si heureux d’enfin pouvoir revoir du vrai bon rock sur scène. L’un des meilleurs groupes français a joué hier l’une de ses meilleures partitions, félicitations.

 

Crédit photo : cover de Johnny Mafia – Sentimental

Gagnez des places pour 2 pour les expositions de la Saison Cirque !
My Dead Bird, le fou seule en scène de Victoire Bélézy au théâtre Les Déchargeurs
Pierre Pouj

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture