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[Chronique] « See My Love » d’Ulrich Forman : ode au romantisme léger et introspectif

[Chronique] « See My Love » d’Ulrich Forman : ode au romantisme léger et introspectif

22 mars 2013 | PAR Bastien Stisi

Comptines naïves et guillerettes, pop folk sincère et mélodique, lyrisme vocal à fleur de peau, le premier EP d’Ulrich Forman est une véritable ode à la pureté d’un romantisme absolu et désuet, petit souffle d’air printanier oxygénant les âmes les plus avides de rêveries légères et véritables…

Ulrich Forman n’est pas un disciple de Goethe, rescapé inattendu et intriguant des tréfonds de l’Allemagne romantique et sensible du milieu du XIXe siècle. Ce sobriquet romanesque et littéraire, s’il n’évoque pas non plus le cinéaste américain Milos Forman, est en réalité dû à la passion de l’artiste pour Bela Bartok, ce compositeur hongrois et ethnomusicologue émérite du siècle dernier dont il découvre passionnément l’œuvre lors d’une escapade du côté de Budapest.

Polérik Rouvière, de son vrai nom, apparaît sur la scène musicale française au début des années 2000 par l’intermédiaire de son projet électro Ledge, où il assure la composition et la production du groupe. Puis, cet ancien compère de Yan Tiersen, de Dionysos et d’Alain Souchon se met à réaliser des bandes originales pour le cinéma, dont on retiendra celle de Falling from Earth de Chadi Zeneddine (2007), ainsi que des morceaux de musiques publicitaires (L’Oréal, Dior, Armani, Guerlain…)

C’est à la suite d’une « épreuve sentimentale » (dixit l’artiste), que le sensible Ulrich Forman décide de relayer son lyrisme original et singulier à travers le développement d’un projet personnel, qui prendra la forme d’un EP de cinq titres, paru il y a quelques semaines.  S’il évoque parfois la pop ensoleillée des Beach Boys pour évoquer les tréfonds de ses influences musicales, il paraît plus certain de croiser les cinq morceaux de ce premier EP de l’artiste, avec les compositions folk des song-writters Bon Iver ou Sufjan Stevens, qui teintent leur œuvre d’une mélancolie introspective et intimiste pareille à celle d’Ulrich Forman.

Cette épreuve, annonciatrice d’un album complet qui serait déjà en préparation, est d’une simplicité et d’une efficacité lapidaire, ornementée d’une touche d’électro discrète, d’un piano malicieux, et de morceaux aux titres plus évocateurs les uns que les autres (« Give me the Night », « See my Love », « Free »…), production au sein de laquelle l’auteur chante tout l’égarement et la tristesse des expériences amoureuses, toute sa joie de vivre, tout son bonheur d’aimer. En guise d’illustration sonore de ce sentimentaliste exacerbé, on écoutera le léger et passionné « I’m In Love », titre phare de l’épreuve et premier véritable single de l’artiste, agrémenté d’une ligne de basse d’une clarté rafraichissante, morceau familier aux oreilles d’un bon nombre depuis sa diffusion en illustration sonore de la publicité pour le site de rencontres Attractive World.

Ulrich Forman sera prochainement à l’affiche du festival Chorus, ainsi que dans les oreilles et dans le cœur de tous ceux qui accepteront de partager le chant de l’âme d’un artiste au souffle merveilleusement vivifiant.

Visuel © : pochette de See my Love d’Ulrich Forman

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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