Pop / Rock
[Chronique] Paul McCartney de retour à ses fondamentaux pop avec « New »

[Chronique] Paul McCartney de retour à ses fondamentaux pop avec « New »

18 novembre 2013 | PAR Bastien Stisi

Paul McCartney New

[rating=3]

Après des expérimentations égarées sur les terrains du classique (Ocean’s Kingdom) et du jazz (Kisses on the Bottom), le liverpuldien Paul McCartney revient à ses premières amours pop avec New, et s’entoure de la crème des producteurs internationaux (Mark Ronson, Paul Epworth, Ethan Jones, Giles Martin) pour venir gonfler une discographie déjà pleine d’une trentaine d’albums studio.

Avec l’énergie d’un jeune débutant qui découvrirait le format pop en même temps que l’étonnant concept de la mélodie universelle, le vétéran McCartney (71 ans, tout de même) claque ses doigts vieillis sur des cordes amaigries, fait virevolter sa voix toujours performante sur un rock parfois très électrique (« Save Us », « Appreciate »), accumule les arrangements pop-rock expertisés par cinquante piges de vagabondages planétaires (« On my Way to Work »), s’élance sur une route qui revisite avec délice les ambiances de ses premiers albums solo du début des années 70 (« Road »).

Alors non, rien de véritablement nouveau sur le dernier McCartney malgré l’appellation évocatrice de l’objet, et ce postulat pourrait bien faire figure de principale bonne nouvelle du disque : il aurait en effet fallu enterrer définitivement l’un des derniers survivants des Beatles avec un autre essayage raté pareil aux disques classiques et jazz qui lui ont si mal réussi dans le passé. Paul fait ici du McCartney, et paraît même faire parfois revivre l’héritage de ses anciens compagnons des Beatles période « on a les cheveux courts mais des espoirs naïfs plein la tête » sur un tube éponyme (« New »), largement diffusé sur les ondes cet été.

Si certains passages laissent entrevoir un artiste fatigué et mélancolique (l’intro tout acoustique de « Early Days »), semblable aux derniers instants discographiques de feu Johnny Cash, cette impression pré-mortuaire sera de très courte durée. Il suffira d’écouter les résonances un tantinet disco de « I Can Bet » pour s’en convaincre : le pape pop-rock respire encore tellement correctement qu’il ne parvient  même pas à s’essouffler.

Paul McCartney, New, 2013, Universal Music / Concord, 46 min.

Visuel : © pochette de New de Paul McCartney

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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