Pop / Rock

[Chronique] « Lights » d’Exsonvaldes : l’efficacité d’un virage électro pop

[Chronique] « Lights » d’Exsonvaldes : l’efficacité d’un virage électro pop

05 avril 2013 | PAR Bastien Stisi

 

exsonvaldes lights

[rating=4]

Trois ans après la sortie de la production acoustique There’s no place like homes, qui avait donné lieu à l’interprétation de certains concerts en appartement, le quatuor parisien Exsonvaldes revient avec un quatrième album, marqué par un retour à des fondamentaux électro rock et par la mise en place d’un leitmotiv sonore fondamental : la persistance d’une atmosphère mélodique et pop diablement efficace.

S’ils persistaient dans la volonté originale d’effectuer quelques dates dans les enceintes réduites d’un appartement classieux et urbanisé, comme le groupe l’avait fait déjà en marge de la préparation de leur troisième album, il ne fait aucun doute que les Exsonvaldes feraient cette fois voler en éclats le lieu tout entier, tant il paraît malaisé de ne pas bouger furieusement les hanches et les épaules en parcourant les dix morceaux de ce nouvel opus limpide d’une trentaine de minutes.

Confectionné par la patte et par le tympan experts d’Alex Firla, qui avait déjà également planché sur le second disque du groupe Near the Edge of Something Beautiful, ce quatrième album poursuit les arrangements électroniques envisagés dans les opus précédents, jusqu’à les pousser dans des retranchements qui les orientent désormais largement vers une disco pop proche des productions fabuleuses de Phoenix. Personne ne sera d’ailleurs surpris d’apprendre qu’Alex Firla est également le réalisateur du premier album des versaillais, tant les Exsonvaldes paraissent partager la même vision éclatante et transportée de l’électro rock, et notamment sur le titre introducteur « Days », dont la nervosité latente en fond sonore offre un joli contraste avec la légèreté électro pop apparente qui entoure le reste du morceau.

Le dynamisme et les guitares sinoques de « Let Go », la mélancolie mesurée et pointilliste de « Seahorses », l’électro pop sonique, sensuelle et satisfaisante de « Action », tout est là pour confirmer la filiation nouvelle et affirmée des Exsonvaldes avec une base numérique dont les envolées pop les plus pompeuses copinent même avec les deux premiers albums des Two Door Cinema Club, jusqu’à l’apogée du morceau très new-wave « Guns », invité à flinguer l’atmosphère légère qui s’écoulaient juste avant sur « L’inertie » pour lancer l’album dans une course de rock numérique limpide et méchamment efficace.

Autre nouveauté pour un Lights qui marque à coup sûr un véritable virage dans la trajectoire du groupe parisien, l’interprétation de quelques-uns des morceaux dans la langue de Daho, qui laissent les Exsonvaldes surfer sur une vague orchestrée il y a quelques mois par Aline, par Baden Baden, et par tous ces groupes qui remettent au goût du jour l’idée que la pop n’est pas incompatible avec le français. Calibrés pour les ondes FM et comme pour les tympans plus érudits, le titre « On a rien vu venir », très eightie avec synthés régulateurs et résidus charmants d’électro désuète et spatiale, et plus encore « L’Aérotrain » (utilisé pour la promotion de l’album) font prendre une hauteur inattendue à un album gorgée de tubes potentiels plus mouvants et astucieusement mélodiques les uns que les autres.

Passés du côté du Café de la Danse il y a quelques semaines pour assurer la première partie des Baden Baden, les Exsonvaldes concluront la tournée de présentation de l’excellente confirmation que représente Lights avec une date au Nouveau Casino le 16 mai prochain.

Visuel (c) : pochette de Lights d’Exsonvaldes

 

PIAS ouvre une boutique éphémère pour le disquaire day
L’agenda culturel du week end du 5 avril
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *