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[Chronique] Les « Mythologies » shoegaze de Cheatahs

[Chronique] Les « Mythologies » shoegaze de Cheatahs

13 novembre 2015 | PAR Bastien Stisi

En 1957, Roland Barthes sort ses Mythologies, ce recueil de textes qui définit le mythe (vulgarisons à l’extrême) comme « une parole », « un système de communication », « un message ». Référence culturelle pontifiante : c’est à l’ouvrage du philosophe français que le titre de ce second album de Cheatahs, intervenu une année après un premier essai éponyme convaincant, fait référence.

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Moins théorisé sans doute, et pour sûr moins structural que la pensée du Français, le mythe de ces citoyens du Monde (Cheatahs est formé par un Allemand, un Anglais, un Canadien et un Étasunien) prend plutôt ses racines dans ce shoegaze désinvolte et passionné, que le rock anglophone a recommencé à étudier au cours des 10 dernières années (de TOY à Girls Names, de Cloud Nothings à Childhood), de la même manière que les peintres néoclassiques du XVIIIe siècle avaient réétudié, en leur temps et via le pinceau, les figures mythologiques des siècles marqués par la glorieuse domination hellénistique sur le Sud de l’Europe méditerranéenne. Tout est cyclique.

Shoegaze donc, Mythologies l’est d’un bout à l’autre, de l’efficace « Red Lakes (Sternstunden) » à l’excellent« Reverie Bravo », puisant toujours son identité dans ces voix réverbées, ces arrangements psyché et ces mélodies distordues qui avaient déjà fait le succès du précédent album, et évoquant aussi, sans que les productions sans ressentent trop pour autant, cette multi culturalité qui fait évidemment partie des fondements du groupe, et qui est évoquée par le biais de morceaux qui évoquent alternativement les contrées du Soleil Levant (« ? Murasaki »), les paysages transalpins (« Deli Rome »), les vallées du Rhin (« Sign to Lorelei »), les territoires francophones (« Reverie Bravo », cocorico), les déserts américains (« Colorado »). Un album en guise de porte-étendard d’un genre (ou d’un mythe), défendu avec brio.

Cheatahs, Mythologies, 2015, Wichita Recordings / [PIAS], 50 min.

Visuel : (c) Cheatahs

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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