Musique

Luis Alberto Spinetta : la mort d’une figure du rock national argentin

13 février 2012 | PAR La Rédaction

Il était l’un des plus grands chanteurs de rock d’argentine. Le décès à 62 ans de Kuis Alberto Spinetta des suites d’un cancer du poumon, le 8 février 2012, a plongé le pays dans un grand deuil. Compte-rendu de notre envoyé spévial à Buenos-Aires.

Jeudi matin, ils étaient des centaines à passer, dans un silence de cathédrale, devant le cercueil de Luis Alberto Spinetta et son cartel « El Flaco, une âme de diamant », au cimetière de Pilar dans la banlieue de Buenos Aires. Ses compagnons de route, tous musiciens et amis de longue date, étaient là, dans une atmosphère étrangement apaisée. Pour León Gieco, «la tristesse va être rapidement compensée par l’ampleur de l’œuvre de Luis, qui va maintenant être reconnue ». La veille, ce symbole du rock sud-américain, mourait à 62 ans d’un cancer des poumons, n’ayant paradoxalement jamais vraiment connu de grand succès commercial.

Ses chansons ont pourtant accompagné l’histoire contemporaine de la société argentine. A la fin des années 1960, avec le groupe « Almendra », il se fait remarquer grâce au titre « La fille aux yeux de papier ». Il change ensuite souvent de formation musicale, « Pescado rabioso » et « Invisible » dans les années 1970, puis « Spinetta Jade » dans les années 1980. Son engagement contre les exactions du système Videla, avec sa chanson « Mirabel s’est endormie » (1986), est à l’image de cet artiste total, à l’univers souvent inaccessible, nourri des écrits d’Antonin Artaud, du phrasé d’André Breton mais aussi des ballades anglo-saxonnes, liant toujours la recherche expérimentale à l’aspiration populaire.

A l’instar du grand concert qu’il avait donné dans un stade en décembre 2009, pour célébrer ses 40 ans de rock, Spinetta était d’abord un homme de scène, à la voix électrique, au regard pulsatile, à l’identité un peu floue, entre le poète porteño et le rockeur londonien.

En décembre dernier, dans une lettre pudique, il annonçait être atteint d’un cancer des poumons diagnostiqué en juillet. La nouvelle de son décès est venue de ses enfants sur Twitter, « Aucune destination incertaine, aucune distance ne pourront m’éloigner de toi… Amour éternel à mon père » tels ont été les mots de sa fille Catarina, relayés par ceux de son frère Dante : « Je t’aime à jamais, Papa ».

Comme dernière preuve de l’ampleur nationale de ce décès, les cendres de Spinetta seront dispersées dans le Rio de la Plata pour faciliter le recueillement du plus grand nombre. Pour son fils, « le message de Spinetta est désormais dans ses chansons, tant est pour lui de trouver la même liberté dans la mort que celle qu’il a eue tout au long de sa vie ».

Quentin Jagorel

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