Musique

Live report : John Grant au Café de la Danse (1/04/11)

03 avril 2011 | PAR Mikaël Faujour

Vendredi 1er mars, la très belle salle du Café de la Danse recevait John Grant. Accompagné d’un seul musicien, l’Américain a donné un très beau récital, jouant ses compositions dans une formule resserrée autour du piano et d’ornementations synthétiques. Un régal.

Sorti il y a presque un an, le premier album solo de John Grant (ex-The Czars), Queen of Denmark, est de ces disques dont l’émotion ne s’élime guère au fil des écoutes. Des bijoux tels « TC and Honeybear », « I Wanna Go to Marz » ou « Silver Platter Club » gardent toute leur vive saveur –ce n’est pas pour rien que Mojo en a fait son album de l’année 2010, choix certes contestable mais qui signale de façon justifiée la qualité de ce musicien. Il était donc très tentant d’aller voir sur scène cet interprète et compositeur de talent, qui plus est au Café de la Danse, lieu de choix car propice à une atmosphère intimiste, malgré sa capacité (450 personnes).

Sur le mode de confidences, avec une touchante humilité, John Grant a expliqué les intimes racines de plusieurs chansons. Ce que c’est qu’être homosexuel dans une Amérique pudibonde et conservatrice, ce que c’est qu’avoir le sentiment d’être un raté, de décevoir sa famille…

Parce qu’il chante d’une émotion juste et sans pathos, John Grant exhausse la confidence et le récit autobiographique bien au-delà de l’obscénité exhibitionniste si fréquente dans cet exercice. Parce qu’il a un talent d’écriture pop incontestable, il peut s’autoriser à retirer l’ornemental, à ne garder que l’os ou presque, toute la charge émotionnelle étant parfaitement soulignée par la formule dépouillée piano-voix (le plus souvent avec accompagnement au synthétiseur), prenant même une plaisante teinte cabaret/jazzy (« Chicken Bones », « Silver Platter Club »).

Accompagné d’un seul musicien, l’Américain a en effet choisi le dépouillement, faisant fi des magnifiques arrangements (flûte, violon, violoncelle, guitare, etc.), en partie dus à la participation de Midlake. À dire vrai, John Grant aurait presque pu livrer un récital a capella, tant son chant véhicule d’émotion sans faux-semblants. En tout état de cause, le public nombreux (la salle était ultra-comble) n’a pas fait le déplacement pour rien, se voyant offrir par la même occasion deux titres des Czars. Merci John Grant.

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Mikaël Faujour

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