Musique

Live Report : Full Moon Party à Mains d’Œuvres, avec Alice Lewis, Karaocake et Piano Club (19/03/11)

21 mars 2011 | PAR Mikaël Faujour

Dans le cadre du festival Chorus, Mains d’Œuvres (cf. site internet), à Saint-Ouen, proposait une belle affiche electro/pop/rock. Double occasion idéale pour découvrir un lieu atypique et transdisciplinaire, ainsi qu’une brochette d’artistes de qualité.

Voilà un lieu quelque peu excentré pour les Parisiens (à dix minutes à pied de la porte de Clignancourt, terminus nord de la ligne 4, à quelques encablures des puces de Clignancourt/Saint-Ouen), mais qui mérite vraiment le déplacement. Favorisant la création sous toutes ses formes, Mains d’Œuvres est un projet associatif en même temps qu’un lieu, favorisant l’expression créative sous diverses formes (et rappelant en ceci le Point Ephémère) : théâtre, danse, musique, artisanat… En l’espèce, la « Full Moon Party » de ce samedi (19 mars 2011) en a donné un aperçu, d’une part avec les créations qu’exposaient quelques artisanes ingénieuses (pendeloques à partir de jouets, bagues et bracelets à partir de sous-vêtements, robes, broches, lingerie, etc.) ; d’autre part avec une copieuse affiche musicale.

C’est Alice Lewis qui ouvrait la soirée. Après avoir salué son délicieux album et l’avoir vue, accompagnée de deux musiciens, lors de son passage enchanteur à la Loge en janvier (cf. chronique), c’est, cette fois, toute seule que nous l’avons retrouvée sur scène. Les spectateurs qui la méconnaissaient ont sûrement goûté avec délice cette electro-pop fine et pleine de charme, à commencer par le tubesque « Oh, What a Mistake » aux accents kate-bushiens affirmés. Toujours aussi convaincante, avec ce surcroît de sympathie que suscite son aisance à retomber sur ses pattes en cas de pépin technique. Le set a, hélas ! été relativement court et, clairement, la salle pas à la hauteur de son grand talent. Alice Lewis est un cas typique d’artiste dont on s’étonne que la reconnaissance ne soit pas à la hauteur du talent : le problème vient-il de la promotion ? du label ? Il est en tout cas à souhaiter que cette chouette artiste, enfant de Kate Bush et proche des Natasha « Bat for Lashes » Khan, Emilie Simon ou Florence – and the Machine – Welch, bénéficie du soutien et de l’entourage qu’elle mérite.

Confirmant la thématique synth pop, le trio Karaocake a pris la suite sur scène, pour déployer ses ambiances froides, dérouler ses mélodies parfois désabusées et sa mélancolie aux relents cold wave. Derrière le glacial et quasi-dépressif « Bodies & Minds » (réponse française à The XX) et l’excellent  et tendu « It Doesn’t Take a Whole Week », le groupe aligne une série de morceaux d’excellente tenue. Loin de ressasser des formules minimalistes issues de Young Marble Giants, Karaocake sert une pop plus enjouée sur « Medication », ou un « Eeeeeerie » aux relents sixties avec. Pas un hasard si Magic, les Inrocks et quelques autres les ont salués. [Découvrez l’album du groupe sur Deezer en cliquant ici.]

Autre surprise, toujours dans un registre synth pop : les Liégeois de Piano Club. Claviers vintage, bidouillages électroniques, décharges de guitare rock et des percussions très physiques, rappelant quelque peu Yeasayer. Malgré un set de très bon niveau qui aurait gagné à être plus court pour laisser le public sur sa faim, les Belges ont fait une forte impression. Ils venaient présenter Andromedia, leur beau premier album… qui sur scène se charge d’une force telle qu’il est à souhaiter que soit enregistré et édité un live. La musique est à peu près inracontable, excitante et physique, étonnante, imprévisible, quelque part entre Liars, Yeasayer, These New Puritans et Flaming Lips… A la clé, une réussie – mais dispensable – reprise du « Babooshka » de Kate Bush. Un groupe dont on espère un prompt retour à Paris.

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Mikaël Faujour

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