Musique
Live Report: Francofolies de la Rochelle – Jour 2

Live Report: Francofolies de la Rochelle – Jour 2

14 juillet 2011 | PAR Moriane Morellec

Deuxième jour à la 27ème édition des Francofolies de la Rochelle et l’ambiance monte progressivement; entre les glaces chez Ernest, les scènes du festival Off et les pointures, chacun trouve son compte au sein d’une programmation qui ne déçoit en rien.

L’exposition intitulée « Des Visages et Des Figures » entame une journée qui s’annonce plutôt bien remplie. Des portraits en noir et blanc par Cyril  Jarno, capturés pendant les live et sur une durée de cinq ans parsèment les murs du hall de La Coursive – Jane Birkin, Catherine Ringer, Jacques Higelin ou plus récemment Katerine, Mathieu Chedid et Olivia Ruiz ont eu l’honneur d’être présents. La Coursive était aussi le lieu de la remise du volet français du prix Félix-Leclerc de la chanson 2011, où la chanteuse L a succédé à l’auteur-compositeur M, prix qui a pour but de stimuler la création chez les auteurs-compositeurs-interprètes et d’encourager la production et la diffusion de la chanson francophone.

Mais les regards se sont rapidement dirigés vers la Scène Horloge Rouge. Rover a été le premier a fouler les planches, et a emmené son public dans les contrées lointaines des Etats-Unis. Une voix plutôt Elvis, une présence plutôt « mastoc », les riffs sont toujours bien trouvés, la voix explore les possibilités aussi bien dans les aigus que dans les graves et la présence scénique est indéniable.

La Scène Horloge Rouge s’avère bondée en ce mercredi midi, alors que la très talentueuse Lisa Portelli emprunte les pas de son prédécesseur pour offrir une performance à la qualité maximale – même si elle est seule en scène – et le public adhère instinctivement. Féminine, féline, férue de son instrument de prédilection (sa jolie Fender électrique), Lisa Portelli arrive à recréer son univers où les lignes oniriques de guitare succèdent à la voix épurée de la chanteuse.

Lamarca termine la première entrevue de la deuxième journée des Francofolies de la Rochelle 2011 au son de ses compositions à la guitare, écharpe boboïsante et voix escarpée, et termine son set aux couleurs tricolores avec une jolie balade nommée « Little Rimbaud ».

Dans un autre genre, Joséphine Ose ! a absolument pris possession du théâtre Verdières, racontant ses péripéties – parfois trop parisiennes – passant du rôle de « larguée » à « amoureuse du voisin du dessus », frôlant à la limite du hors-jeu les vulgarités, très rapidement récupérées par des blagues bien placées ou des situations véritablement incongrues. Les deux musiciens l’accompagnant sur scène participent au côté déjanté du spectacle et amusent l’audience par les quiproquos et les comiques de répétition.

Ensuite Damien Robitaille, québécois malin et gagnant du Prix Félix-Leclerc version Québec, envahit la scène du théâtre Verdières. Offrant de l’amour à tous ceux qui désirent en recevoir, il revisite la chanson française comique – accentuée de l’indéfinissable accent québécois – à chacun de ses titres et revendique implicitement son amour pour la langue française.

La Féline prend la suite du québécois, mais le public n’est pas tout à fait au rendez-vous. Malgré un set original bombardé de touches 80s new-wave contrastés par des titres clairement avant-gardistes dans l’usage des sons et des constructions des chansons, le public n’adhère pas et applaudit poliment pour ne pas froisser les trois artistes – guitare, synthés, batterie électrique – pourtant carrés et calés dans leur performance.

L’ensemble de Bertrand Belin clôt la deuxième session du théâtre Verdières, et reçoit un standing ovation (surprenant) et un engouement de la part d’un public assez passif jusqu’à présent. Une atmosphère détonante, une écriture proprement intelligente, une composition originale et recherchée, Bertrand Belin, grâce à son timbre de voix très grave parle au public hétérogène et transmet des émotions inaccessibles à la limite de l’incompréhensible, et pourtant extrêmement parlantes – une véritable découverte.

De son côté, le Off a de nouveau prouvé son potentiel aujourd’hui: Norka, groupe au beau nez rouge et l’accordéon baladeur ont offert une belle prestation aux enfants et parents présents; la Place de La Fourche s’est aussi avérée inspirée avec le groupe hispanisant Yördan, où l’ambiance chaleureuse s’est invitée au sein de la déjà très chaleureuse Charente-Maritime.

Le concert final à la Grande Scène a clôturé cette deuxième journée de Festival en toute francophonie: Mademoiselle K a dégommé les règles de la langue française tandis que Zazie a préféré jouer sur les sens; Jean-Louis Aubert a revisité les succès de son groupe de rock phare Téléphone avant que les Gotan Project n’envoûtent le public aux sons d’un tango naviguant entre le lounge et l’éléctro.

Les temps forts s’annoncent de plus en plus conséquents au fur et à mesure de l’avancée du festival: Lilly Wood and the Prick, Cocoon, Yodélice, The Do, Aaron et Popof rien que pour la Grande Scène ou encore Albin de la Simone, Karimouche et Florent Marchet pour les autres. Que du beau monde !

Visuels: (c) Moriane Morellec

Las noches de Buenos Aires du 16 au 18 septembre au 104
La SACD est au Festival d’Avignon
Moriane Morellec

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