Musique

L’heure a sonné pour Alee, oui c’est bien lui

L’heure a sonné pour Alee, oui c’est bien lui

14 février 2012 | PAR Olivier Handelsman

Alee le « p’tit beur breton », ancien rappeur au sein du groupe rennais T5A, est un poète du bitume, un chanteur français en mal de stabilité musicale. Ses racines algériennes et son identité franco-bretonne lui soufflent des refrains contestataires, optimistes et libertaires, tandis que sa guitare entraîne efficacement le public à ouvrir son cœur, son esprit et son sourire. Tout n’est pas remarquable ou émouvant chez Alee, mais l’on retrouve l’engagement, le rythme et l’aisance du rappeur des années 1990, qui s’attaque aux questions pertinentes de notre société et prêche avec autant de conviction que de simplicité les valeurs d’un monde meilleur.

On le sait, tout le monde est beau, seuls les intolérants et les riches sont coupables de quoi que ce soit. Quiconque dégaine sa guitare, fait preuve d’un peu d’inspiration et dénonce en vers et en rimes la misogynie, l’homophobie, les violences conjugales, les crimes policiers ou la pauvreté s’assure une sympathie imprescriptible. La fraternité et l’amour restent les thèmes les plus faciles à aborder en théorie. En théorie seulement, car reprendre des sujets surexploités requiert une originalité exceptionnelle ou un marketing outrancier.

Il semble qu’Alee ait trouvé une troisième voie, celle que l’on a oubliée, celle qu’empruntaient autrefois les vrais artistes : une lente ascension, humble mais déterminée, au micro de bars, cafés-concerts et petites radios, en misant sur la beauté de ses textes, la confiance qu’inspire sa voix, et ses influences (Zebda, Mon Côté Punk, Tryo, La Rue Ketanou, Le Pied de la Pompe, Syrano) aussi variées que remarquables. Il ne casse pas de stéréotype, ne révolte personne mais rappelle que la résignation est la pire de nos pulsions, avec un air de chanson française et un franc-parler propre au hip-hop.

C’est ce mélange des genres efficace et agréable que nous livre Alee, avec un utopisme parfois énervant, mais qui taille dans la matière brute de son imaginaire une œuvre à l’optimisme et la tendresse tangibles.

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Olivier Handelsman
Olivier Handelsman est étudiant en master de management à Grenoble École de Management, et étudie en échange à la Simon Fraser University de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) au second semestre 2013-2014. Licencié de Sciences Économiques à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Olivier est intéressé par la micro-économie, l'entrepreneuriat, le management stratégique, de l'innovation, de la musique, des systèmes d'information et des nouvelles technologies. Olivier Handelsman a été scénariste de courts et longs-métrages en machinima (images de synthèse issues de jeux vidéo), et a une expérience professionnelle de pigiste dans différents médias tels que le journal Le Point (hors-série Références), PC Jeux et Millenium Source, ainsi que d'auditeur de service client, de programmeur Visual Basic et de démonstrateur produit.

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