Musique
Les Trans jour 2, la révélation San Salvador

Les Trans jour 2, la révélation San Salvador

08 décembre 2019 | PAR Heilen Beyer

Les Transmusicales de Rennes nous ont, encore une fois, fait vivre de beaux moments. Hier, notre soirée a été parsemée de belles découvertes et redécouvertes. Retour sur une soirée de musique électronique (mais pas que) qui nous a transportés.

« Les Trans » est un vivier de découvertes et nous en avons faite une très belle hier soir. Nous avons eu un gros coup de cœur pour San Salvador. Ce groupe de chanteurs propose un univers inédit et nous embarquent dans leur monde grâce à leurs voix envoûtantes. C’est vrai que lorsqu’on lit leur description, on ne sait pas exactement à quoi s’attendre : folklore imaginaire / polyphonies occitanes. Ces six chanteurs (trois femmes et trois hommes) pratiquent un chant polyphonique en langue occitane et en décuplent l’effet avec des percussions. C’est brut, c’est beau, c’est livré du plus profond d’eux-mêmes. On en a des frissons. D’autant plus qu’ils ont sur scène une très belle présence. Pourtant alignés les uns à côté des autres, avec simplement des jeux de lumière, ils captent l’attention du public avec facilité. On ne comprend pas les histoires qu’ils chantent mais ils nous les expliquent au début des chansons. Et au fond, ce n’est pas le plus important. Nous nous sommes laissés porter par ce chœur puissant, quelque peu étrange, à la fois céleste et bouillant. Groupe atypique, on s’est dit que c’est pour ce genre de pépites musicales qu’on vient aux Trans. Et nous ne sommes pas les seuls à avoir adoré. San Salvador a capté l’attention du public. Car malgré le début du concert des très attendus Acid Arab, beaucoup de monde est resté jusqu’à la fin de leur show. Et ça valait le coup !

Dans le hall 9, Alexander Pletnev avait préparé le public pour Acid Arab. Avec son électro hypnotique, la transition s’est faite progressivement. Nous avons apprécié l’enchaînement entre ces deux lives. Et plus globalement, nous avons trouvé que la succession des artistes hier soir était cohérente et bien pensée : Pletnev, Acid Arab, Victor Ruiz, Billx. Le rythme s’est accéléré au fur et à mesure de la soirée pour terminer en beauté avec Billx.

Acid Arab nous a fait voyagé dès les premières notes. Ils nous ont emportés dans un voyage musical et visuel jusqu’en Orient. Les sonorités arabes et moyen-orientales ont mis le feu au Hall 9. D’autant plus grâce aux lumières orangées qui ont posé un cadre chaleureux. On a non seulement senti une réelle complicité entre les trois membres (Hervé Carvalho, Guido Minisky et Kenzi Bourras) mais aussi avec leur public. Ils avaient invité, pour l’occasion, le héraut algérien du raï moderne Sofiane Saidi, le grand chanteur turc Cem Y?ld?z ainsi que Les Filles de Illighadad, chanteuses du Sahel nigérien. Déjà passés aux Transmusicales de 2013, Acid Arab s’est depuis produit partout dans le monde. On sent aujourd’hui une musique aboutie. Et on apprécie !

La transition entre Acid Arab et Victor Ruiz s’est ensuite faite naturellement. Victor Ruiz nous a proposé une minimale efficace. Dans le grand espace du Hall 9, la foule a dansé. Et nous aussi. On a aimé ce live. La soirée s’est terminée en beauté pour nous avec le show explosif de Billx. Il était en grande forme et le public l’a ressenti. Il nous a fait vibrer sur de la psytrance et de la hardtek. Et surtout, il a partagé sa bonne énergie avec nous. Pour nous Billx est la passerelle vers une techno hardcore accessible au grand public. Le public des Trans était d’ailleurs au rendez-vous : la Greenroom était pleine à craquer.

Vous l’avez compris, cette 41ème édition des Transmusicales a réjoui les amateurs de musique électronique avec une programmation pointue. Mais cela a également été l’occasion de découvrir des artistes venus du monde entier, proposant de l’électro mais aussi du rap (Alyona Alyona), du garage rock (Slift), de l’Afropop (Songo) ou même du chant traditionnel (San Salvador). 

Quant à nous, on va tranquillement se remettre de ce week-end intense et espérer que la prochaine édition sera aussi réussie ! 

Visuel © BrendanMonroe2019

« Fantaisies pour un palais », quand le merveilleux s’empare du réel
« La magie lente » : l’innommable au bout du diagnostic
Heilen Beyer

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *