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Soliday/sida : « La précarité renforce la vulnérabilité aux infections sexuellement transmissible »

Soliday/sida : « La précarité renforce la vulnérabilité aux infections sexuellement transmissible »

23 juin 2017 | PAR Antoine Couder

A l’occasion de la nouvelle édition de Solidays du 23 au 25 juin, Florent Maréchal, responsable des programmes santé et solidarité pour Solidarité Sida, dresse un état des lieux pour Toutelaculture.com

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Des chiffres qui parlent ? En France, il y a actuellement 150 000 personnes porteurs du virus du sida et on considère qu’au moins 30 000 d’entre eux l’ignorent.  Toujours en France, 85% des personnes séropositives  bénéficient de traitements : seulement 50% dans le monde et 17% au Maghreb.

Des révolutions dans l’action préventive ? Le test rapide bien sûr, bientôt l’autotest qui sera vendu en pharmacie, ou, encore, les Preps, ces antiviraux qui sont prescrits en prévention à des personnes très exposées. Mais la plus grande révolution, ce sera toujours la solidarité, l’action des bénévoles, la prise en charge spécifique, l’aide au développement … Sur ce point, il faut que les Etats tiennent leurs engagements  !

Des relâchements dans les comportements ? Depuis que l’on soigne, mieux et parfois très bien… Depuis que l’on dispose d’une cinquantaine de molécules que l’on peut doser, spécifier en fonction du métabolisme de la personne qui vient d’être contaminée… Tout ce qui fait reculer la maladie peut avoir un effet sur le relâchement. Mais ce ce n’est pas la seule cause.

On parle de nouveaux comportements à risque.  Le « Chemsex » par exemple, une pratique qui consiste à prendre des drogues pour se désinhiber et stimuler son endurance sexuelle. Les risques d’exposition aux virus sont alors renforcés :  le fait de prendre des drogues et d’avoir des rapports sexuels en groupe peut créer un contexte de perte de contrôle , sans compter les risques liés à l’injection (« slam »). Par ailleurs, ces pratiques conditionnent aussi des phénomènes d’addiction et leur cohorte de  troubles psychiques. Le phénomène est d’autant plus inquiétant qu’il se déroule dans des lieux privés, ce qui rend difficile la prévention sur le terrain.

Les jeunes sont moins inhibés et plus exposés ? Peut-être. On assiste indéniablement à une banalisation de la liberté sexuelle avec les sites de rencontres notamment, qui permettent de mieux assumer ses envies et ses goûts. On constate également davantage d’intérêts pour la diversité des pratiques sexuelles sans pour autant que celles-ci enferment les gens dans une catégorie, une identité stricte.  On peut avoir des relations sexuelles avec des hommes sans pour autant se sentir gay. La bi-curiosité est plus affirmée, beaucoup plus cool ! En même temps, il y a de plus en plus de discours moralisateurs, le boycott de campagnes de prévention dans certaines communes. La liberté n’est pas acquise, elle se défend.

Et Solidays dans tout ça ? C’est notre point d’orgue de solidarité internationale, d’échanges et de partage d’information. C’est aussi une formidable machine à financer des programmes d’aides et de prévention : plus d’une centaine de projets dans une vingtaine de pays du monde.

Visuel : Service de presse Solidays

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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