Musique

La playlist au masculin

La playlist au masculin

03 février 2019 | PAR Antoine Couder

Cette semaine Scott Gilmore, Senbeï, Franklin, Kaplan Conspiration et U.Burn.

 Electric Poles — Franklin  

De cette aptitude bien peu ordinaire qui consiste à tisser les différentes inspirations que l’histoire a fini par séparer, Franklin est devenu expert et d’abord dans l’utilisation de ces matériaux rock dispersés en volutes électroniques dans les années 90, le côté trippant d’une ambiance urbaine réintroduit dans le costume de l’époque. Aujourd’hui. À aucun moment, malgré son goût des envolées vibrionnantes, le musicien ne semble partir en vrille loin de son temps. Et c’est là tout son talent.

Two roomed motel — Scott Gilmoe    

On refait la même, mais à l’envers. Gilmore est bien planté dans son époque au sens où il introduit une distance systématique dans ses compositions fleuries, roulant très sérieusement vintage pour en sortir un son environnemental qui joue à cache-cache avec la mélodie. Assurément inspiré par le jazz mais aussi tout ce qui vient naturellement derrière lorsqu’on traîne très longtemps dans les bacs à disques d’occasion.

Ninja — The Georges Kaplan conspiracy    

Tout n’est pas très clair, c’est sûr, dans ces images un peu rétro qui ne tiennent pas forcément avec la musique et d’ailleurs le clip commence sur cette idée, derrière un pare-brise où l’on dit de ne pas y voir grand-chose. Reste peut-être la voix qui lierait la douceur, la simplicité d’un dance-floor  trop près de chez vous  et l’élégie suave qui n’a pas besoin d’en faire trop. Ça joue pas mal.

Crazy One — H-Burns    

Ce pourrait être l’intro du « Rock’n roll » du Velvet Underground mais très vite on en revient à 2019, le carré caustique de la folk blanche et américaine d’aujourd’hui. Efficace. Du reste, l’ami Burns est totalement french même si le flot continu de ses collaborations l’a mis en orbite autour de la planète du rock US. Ici il joue sous la menace d’une sorte de famille White trash. Pure joke ou terrible inconscient français.

Tribute to Nujabes — Senbeï (feat. DJ Nix’on)  

Un peu de beatmaking pour s’envoler ailleurs … Trainée de poudre entre hip-hop et gimmicks techno-nippons pour un voyage qui pourrait ne jamais finir. Ambiance jazzy rehaussée de bout en bout par le fameux big style de l’ami Senbeï, l’humour n’est jamais très loin et semble faire des clins d’œil au bon vieux mister Modo&Ugly Mac Beer et autres bricoleurs de l’espace. Vraiment tout terrain.

 

 

 

 

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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