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[Live report] Jazz sous les Pommiers 30/05 : Emile Parisien, Médéric Collignon, Mélanie Di Biaso et Thomas de Pourquery

[Live report] Jazz sous les Pommiers 30/05 : Emile Parisien, Médéric Collignon, Mélanie Di Biaso et Thomas de Pourquery

31 mai 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam


Ascenseur émotionnel. Comment qualifier autrement l’ouverture de ce week-end de clôture du 33e festival Jazz sous les Pommiers, Incontournable rendez-vous qui a su faire son chemin pour égaler voir dépasser ses confrères nommés Vienne ou Marciac. Toute La Culture s’est frayé un chemin très personnel parmi les 9 concerts qui se donnaient entre 18h et 1H.

18h- La révélation Émile Parisien
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On vous entend déjà hurler : il était temps de voir « en vrai » ce saxophoniste né en 1982, déjà auréolé de sérieuses récompenses, la dernière en date, 2012, est le prix Django Reinhardt. Émile Parisien, en voilà un nom qui appelle le Jazz d’après-guerre. Pourtant, l’écouter c’est prendre une claque très contemporaine au contraire. Il a déjà des mentors qui le respectent. Émile Parisien n’est plus un débutant. Preuve en est, Jazz sous les Pommiers lui a consacré un focus en trois temps pour une seule soirée. Parisien avait carte blanche et il a su bien la choisir. Le concert s’est équitablement divisé en trois pour nous plonger dans un univers pluriel mais cohérent. Il commence en duo avec un accordéoniste de génie, Vincent Pierani avec qui il vient de sortir un disque, Belle époque, chez Act/distribution Harmonia Mundi. Ils attaquent vintage avec un standard de Sydney Bechet, mais vont vite s’en sortir et s’amuser, notamment en proposant une valse , « trois temps pour Michel P » ( Ndlr Portal…). Ils avancent, diffractent, vont chercher dans l’orient, amènent des accents éléctro sans machine. Magique.
Il est déjà temps au duo de laisser la place à un trio autour de Jean Paul Celea à la contre-basse et Wolfang Reisinger à la batterie, l’occasion de nous plonger sans précaution dans l’eau aride mais tellement vacillante, exigeante et belle d’Ornette Coleman. Le jazz se fait profond, précis. Les unissons sont d’une justesse rarement atteinte à un tel niveau. Célea nous ramène à raison à la raison, Coleman c’est aussi quelque chose de léger. Et le set fait match dans une samba merveilleuse.. Vite, place au quartet autour du géant-batteur Daniel Humair. A chaque fois Émile Parisien sait où se situer et si l’on ferme les yeux, on a du mal à croire que son instrument est un saxophone alto tant il le commande à la force du souffle, dans un engagement total du corps. Avec Humair, ça tape forcement, fort même. Comme à chaque fois, il provoque le miracle d’une mélodie d’une légèreté infinie. On retrouve ici Vincent Pierani qui nous apprend que d’un accordéon peut sortir le son d’un piano Fender. Le quartet offre une troisième partie parfaite puissante et chic qui se clot sur un air composé pour un film sur L’Ira
Émile Parisien méritait bien ce focus, il est l’un des jazzman les plus innovants de sa génération car il sait ouvrir ses horizons. Il y a la sensation en l’écoutant de retrouver le choc qu’avait eu la communauté Jazz en 2009 quand Ibrahim Maalouf a commencé à jouer de sa trompette quatre pistons. Il vient de sortir son déjà quatrième disque avec son quartet : Chien-Guêpe chez Laborie.

20h45- L’énergie de Médéric Collignon

Alors là on change d’ambiance. Le cornettiste a convié un orchestre de musique de chambre et des musiciens beaucoup plus rock pour ne pas dire hard-rock. Le concert est une rave party jazz. Collignon a le crâne rasé, fait des bonds dans un tenue composée d’un débardeur rouge et d’un pantalon vaste assorti. Ça change de la rituelle chemise noire ! Le résultat est ardu, extrêmement violent mais passionnant. Collignon provoque des rencontres inattendues et sait imposer ses ruptures. Celui qui a reçu en 2013 la victoire du jazz dans la catégorie Album de l’année l’a fort méritée. Il ose ce que personne n’ose, invite une sonnerie de téléphone dans son set empli d’humour.

22h30 pile. L’ambiance feutrée de Mélanie Di Biaso
Aie, on aurait aimé entendre autre chose que l’exacte version du néanmoins excellent album No deal, car à part l’inversion de « With all my love » et « I’m gonna leave you », le concert était une bonne séance de rattrapage si vous n’aviez pas eu l’occasion d’écouter son deuxième opus. D’un point de vue scénique, la rigueur est de mise. A part quelques effets de lumière, la chanteuse est plutôt figée et ses musiciens plongés dans un clair-obscur obscur. Quitte à ne rien y voir, autant fermer les yeux car cette voix là vaut le détour. Chaude, puissante, quasi murmurée. Elle est signée chez Pias qui ne s’y est pas trompé. Elle dépasse de loin pas mal de ses consœurs.
Pour en savoir plus, on l’a rencontrée ici, et on a chroniqué l’album là.

00h30. Le bal de Thomas Pourquery

Le saxophoniste Thomas Pourquery clôturait ce soir trois années de résidence à Coutances. L’occasion de faire une boum avec beaucoup d’amis. Le barbu a littéralement retourné le Magic Miror qui l’a suivi dans tous ses bons délires. Il a invité une foule d’artistes dont la chanteuse prolixe Elise Caron mais aussi la douce Camélia Jordana. Jazz tendre, hard-rock violent, disco, nappes hawaienne… On découvre un Pourquery (bon) chanteur.
Le groupe d’un soir ( ou plus on verra) se nomme Beautiful Freaks, et le programme fut respecté !

Allez, bonne nuit..

Visuel : (c)Christophe Charpenel

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Camille Hispard

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