Musique

Interview de Lafille

30 mai 2010 | PAR Claire Linda

Lafille est une nature, entière, sincère et extrême. En témoigne son album « Lafille tout attachée » 12 titres comme autant de pages d’un journal intime, très intime. Album ouvertement autobiographique,Lafille ne s’épargne rien et dévoile tout, boulimie, violences sexuelles et dépression amoureuse. Rencontre avec une femme sûre d’elle qui affirme que son album est thérapeutique, une sorte de purge identitaire.

D’entrée elle annonce la couleur : « mon album s’adresse aux filles qui ont les couilles d’affronter les bleus que la vie donne aux cœurs romantiques, de se confronter à leurs choix et à leurs désirs » « J’étais utopiste et romantique avec une vison de la vie manichéenne mais avec le temps j’ai changé. » « J’ai écris la chanson intitulé « dans mon appartement » en dix minutes,  à l’époque je vivais dans un tout petit appart’ à République et je dormais sur une mezzanine. Quand tu es à 30 cm du plafond ce n’est pas trop ça pour faire l’amour avec ton copain. Le jour où j’ai eu mon vrai appartement c’était une libération. Je n’ai pas écris cette chanson par provoc’. »

« Mon personnage de scène c’est lafille qui se permet toutes les choses que je ne permettrais pas dans la vie. »

« Toutes les chansons parlent d’un attachement au passé à la culpabilité judéo-chrétienne. On est tous pas forcement libre de nos faits et gestes dans la société dans laquelle on vit. Moi c’est la liberté que j’essaie de défendre. Les filles sont attachées à ce qu’on voudrait qu’elles soient ; elles devraient être lisses et jolies mais moi les filles trop lisses m’énervent. Ce n’est pas parce que tu sors une fois avec un homme marié que tu es une salope. » « J’écris des chansons pour moi, pour faire le deuil, les mots aident à faire le deuil des malheurs. J’essaie de transformer des choses moches en quelque chose de joli agréable à écouter et à lire comme sur mademoiselle B. » « beaucoup de jeune fille m’écrivent pour me dire que ça leur a fait du bien et à partir de ce moment c’est gagné. Le fait qu’elles se soient senties moins seules au moment de l’écoute de la chanson. Mon disque n’est pas glauque mais volontaire et ouvert à la vie. »

Pour ton disque tu t’es entourée et de Nicolas Comment et d’Eric Simonet Comment se sont faites ces rencontres ?

Nicolas je l’ai rencontré via Myspace. Et Eric je l’ai rencontré il y a trois ans. C’est une vraie rencontre artistique, on s’est entendu d’emblée. Il va aussi sortir un album, c’est aussi quelqu’un qui m’a donné confiance dans mes textes. Il a été la rencontre déterminante , il m’a fait prendre conscience que j’avais des choses à dire.

A quelle chanson es tu la plus attachée sur scène ?

« Je suis méchante » c’est super libérateur, et thérapeutique de chanter cette chanson.

Jacques Duvall dit que tu es une « drôle de nature » le genre de gonzesse qui ne devient jamais tout-à-fait « normale », C’est quoi une fille tout à fait « normale » ?

Je ne sais pas, je ne me considère pas du tout comme un ovni, je suis extrême mais je travaille ça (rire) Jacques dit ça pour le côté : je suis une nana qui a des couilles, avec un choix de vie rock’n’roll. Je me mets en danger. Quant tu es quelqu’un d’entier pour la société ça n’intéresse personne, si tu n’es pas marié avec un enfant et un boulot ça fait peur à tout le monde et tu te retrouves avec un jugement qui ne te concerne pas.

Quel regard tu portes sur le rapport homme/femme ?

Il a changé, j’essaie de faire exister mon côté passionnel dans le travail plus que dans mes relations privées. La scène m’apporte cette intensité aujourd’hui je pense à construire, avoir un enfant. Mais je suis célibataire.

Pourquoi offrir des plaies béantes  dans tes chansons ? est-ce que la mise en danger est un élément fondamental dans ton principe de création ?

Pour l’instant je n’existe pas dans la sérénité. Il a fallu des moments fort dans ma vie pour que je me sente exister, comme sur scène par exemple. J’essaie d’être le plus libre possible.

Album : Lafille tout attachée

En concert :
16 juin 2010 Les Trois Baudets
20 septembre au Réservoir
30 septembre au Nouveau Casino

AAF : Plus qu’une Foire d’Art Contemporain
Transsibérien : 15 écrivains et 2 photographes sur les traces de Blaises Cendrars
Claire Linda

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Commentaire(s)

  • Si vous appréciez l’univers de LaFille, n’hésitez pas à venir la soutenir en live.

    « LES TROIS BAUDETS »
    Mercredi 16 Juin 2010 à partir de 20h30.

    Adresse : 64, BOULEVARD DE CLICHY
     75018 PARIS

    A partir de 11,80€.

    juin 9, 2010 at 11 h 41 min

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