Musique

Hip-hop : Cunninlynguists, Oneirology

07 avril 2011 | PAR La Rédaction

Le groupe originaire du Kentucky, composé de Deacon The Villain, Kno et Natti, revient habiller nos premières nuits printanières avec son tout nouvel album Oneirology, cinquième effort studio quatre ans après Dirty Acres (2007).

Avec un tel nom de groupe, les CunninLynguists ont eu le nez creux pour leurs débuts officiels en 2001 avec l’album Will Rap For Food : ça fait rire les adeptes et ça intrigue les profanes. En réalité, il faut comprendre « Cunning » (rusé, débrouillard) et « Lynguists » (spécialistes de l’étude du langage humain). Adeptes d’un hip-hop différent, souvent qualifié d’ « abstract hip-hop », les trois compères préfèrent jongler avec les neurones plutôt qu’avec la testostérone.

Oneirology reste dans la même veine, axé cette fois sur la thématique des rêves, déclinée en quinze pistes. Comme d’habitude l’ensemble est cohérent et de bonne facture, avec des instrus théâtrales, des flows sans fioritures, charriant moult jeux de mots et des textes avec plusieurs niveaux de lecture. Les morceaux « Hard As They Come » (avec l’excellent Freddie Gibbs), « Dreams », « Get Ignorant » ou encore « My Habit » tirent leur épingle du jeu et déjà il est agréable de constater que le groupe s’est calmé sur les voix féminines électroniquement torturées. Sans pour autant renoncer à l’expérimentation instrumentale tendance planante qui est devenue l’une de leurs marques de fabrique.

De retour dans les charts le 22 mars dernier, via leur propre label de production APOS Music, le groupe a malicieusement sorti une semaine plutôt une édition limitée à 500 exemplaires, bourrée de goodies, histoire de couper l’herbe sous le pied des bootleggers. Tout est parti en quelques heures. Mais le souci d’un hip-hop intellectualisé comme celui des CunninLynguists, c’est que généralement tout le monde s’accorde à valoriser leur démarche sans que les ventes d’albums soient pour autant déchaînées. Ils ont choisi de ne pas être dans une optique purement commerciale. Et c’est tout à leur honneur.

Thomas Fédérici

Cunninlynguists, Oneirology (QN5/APOS Music), 2011

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La Rédaction

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