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Made festival à Rennes : transformer l’essai après deux éditions

Made festival à Rennes : transformer l’essai après deux éditions

19 avril 2018 | PAR Rodolphe Pete

Du 17 au 20 mai, les musiques électroniques seront à la fête à Rennes, terre ô combien riche en matières de festivals (à commencer par les célèbres Transmusicales), avec la troisième édition de Made, un rendez-vous qui s’est rapidement imposé dans le paysage français. Entretien avec son fondateur, Rémy Gourlaouen, alias Jabba 2.3 (clin d’œil à Troyes, ville où il a vécu et monté des soirées), à quelques semaines de l’événement.


Rodolphe Peté

Comment est né ce festival ?
Il est né en plusieurs étapes. Au départ, il y a une association qui existe depuis 2009. On a d’abord fait des soirées avec des djs locaux, en tombant dans une bonne période, car ces soirées avaient de plus en plus de succès. On s’est donc dit qu’on allait faire venir des têtes d’affiche. On avait les Boogie Nights pour ces têtes d’affiche et les Made pour des noms plus pointus. On les faisait en club, avec une affluence de 800 personnes. On affichait complet, en faisant venir par exemple des gens comme Marc Houle ou Rodhad.

Et il y a donc eu la volonté de grandir…
Notre constat, c’est qu’il y avait des événements dans d’autres villes de la région, comme Panoramas à Morlaix, Astropolis à Brest ou Scopitone à Nantes. Mais à Rennes, on cherchait à créer ce qu’on sait faire, un festival house et techno. Il y a à Rennes de grands événements comme les Transmusicales, mais qui ne sont pas dans cette orientation. On a des pistes pour d’autres styles, sans refaire Astropolis.

L’idée était aussi de passer d’un club à un espace plus grand ?
On a réussi à avoir le parc des expositions pour une soirée, avec une autre en club. Mais cela ne fait pas un festival. On a lancé un appel à projets aux collectifs locaux la première année. Pour cette édition, pour ne pas tomber dans la routine, on repart de zéro. On prend de nouveaux collectifs, on essaie de sortir de l’hyper-centre, en commençant le jeudi soir pour terminer le lundi matin. Avec au total un peu plus de dix lieux. Le jeudi soir, on sera dans des bars et des clubs. Le samedi, il y aura un open air dans un parc, comme le dimanche, où on propose aussi une croisière sur la Vilaine pour 75 personnes et un brunch, avant un closing en club. Avec bien sûr les deux grosses soirées vendredi et samedi au parc des expositions, avec un système de navettes depuis le centre.

Comment se sont passées les premières éditions ?
Pour la première, il s’agissait de lancer le festival, on avait pas l’expérience que peuvent avoir d’autres événements. L’an dernier, sur les deux grosses soirées, on a accueilli au total 9000 personnes pour une capacité de 12000. Avec un public rennais à 99 % la première année, à 80 % l’an passé. La première année, nous étions deux pour monter le projet. Cette fois, on fonctionne comme une entreprise, même si tout le monde est bénévole. On a une équipe de production, de communication, un responsable des bénévoles, des accréditations et un régisseur général.

Quels sont les critères de la programmation ?
D’abord, on a une salle immense, on ne peut donc pas se passer de têtes d’affiche fédératrices. On essaie aussi de faire venir à Rennes des gens qui n’y ont pas joué depuis longtemps. Et il y a aussi des cachets que l’on ne peut pas se permettre. C’est d’ailleurs impressionnant, leur inflation ! On a par ailleurs des contraintes de calendrier et on se coordonne entre festivals pour ne pas faire jouer les mêmes artistes. Par exemple avec Paco Tyson, qui a lieu fin avril à Nantes, Panoramas un peu avant à Morlaix et Astropolis, début juillet. Au total, à part un ou deux noms, il n’y a pas grand-chose qui ressemble au début pour cette année !

Les grands noms de cette édition ?
En techno, Jeff Mills, c’est un nom qui parle à tout le monde. C’est le plus grand public de l’édition. Cela fait en plus sept ans qu’il n’a pas joué à Rennes. Ensuite, Derrick May, Daniel Avery qui vient de sortir son album, Nastia, qui est une star montante et que l’on a déjà fait jouer. En house, le live de Leo Pol, le dj S 3A, Cinthie, DJ Steaw, ainsi que le duo Politics of Dancing. Avec des warm-ups de djs locaux en house.

La scène rennaise a la réputation d’être très dynamique. Ce n’est pas une légende ?
On a par exemple Blutch, un jeune dj qui a signé sur Astropolis records. A Rennes, il y a un gros potentiel, avec énormément de collectifs, il y en a un qui se crée par semaine! Globalement, il y a une bonne entente.

Une petite tournée de promotion est prévue dans la région avec le festival ?
On fait en effet quelques dates, l’idée étant de faire connaître l’événement, sachant que l’on est à une heure de route de nombreuses villes. De Caen à Angers, il y a du monde qui peut venir et on essaie même d’attirer des Parisiens, avec la liaison TGV qui est pratique.

Informations pratiques : www.made-festival.fr

Jeff Mills sera la tête d’affiche techno : il n’a pas joué à Rennes depuis sept ans (photo : Victor Frankowski)

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