Musique

Nuits Sonores : la fièvre house du samedi soir

Nuits Sonores : la fièvre house du samedi soir

02 juin 2019 | PAR Rodolphe Pete

Jusqu’à dimanche se tient à Lyon la 17e édition de Nuits Sonores, le plus important festival de musiques électroniques en France. Retour sur un samedi au final très house !

Jouer au début plutôt qu’à la fin, c’est le choix original de Lena Willikens qui supervisait le dernier Day à la Sucrière samedi. L’allemande, passée du statut d’espoir à celui de valeur sûre depuis son précédent passage lyonnais, a magnifiquement incarné une vision musicale de l’Europe avec son compatriote Ivkovic. Un mix de trois heures au tempo de warm-up, qui monte progressivement, laissant la place à l’Italien Donato Dozzy, un peu trop linéaire malgré un univers prenant, et la prestation énergique de Batu, incarnation de la diversité de la scène brillante de Bristol. 

Comme depuis le début de la semaine, monter au Sucre permettait de belles découvertes, à l’instar du live de l’Allemand Toulouse Low Trax. Un rythme parfait pour le milieu de journée, et un peu de fraîcheur avant d’affronter la fournaise de l’esplanade propice à une éclectique succession, de l’electro à la techno, avec les Londoniens Phillip Jondo et Elena Colombia, avant le maître hollandais I-F, véritable légende, capable de glisser dans un mix aussi bien « Oxygen » de Jean-Michel Jarre que « Thriller » de Michael Jackson avec une boucle acid. 

Une roborative mise en jambes avant la dernière Nuit, moins fréquentée que la veille, ce qui permettait une circulation plus fluide. Il fallait arriver tôt pour ne pas rater le concert électro-chanson-pop loufoque de Flavien Berger, petit bijou d’auto-derision, de sensibilité et de légèreté mélancolique, avec de savoureuses phrases adressées au public.  Comme « je parle parce que mon set est trop court par rapport au temps accordé ». 

A deux pas, l’un des événements du festival faisait le plein. Voir le batteur Tony Allen et le maître techno Jeff Mills, c’est en effet constater que l’union de deux grands artistes peut aboutir à une fusion percussive irrésistible. 

Le retour dans la halle 1 pour le live de Charlotte Gainsbourg ramenait au calme et à la pop électro aux visuels originaux. Des reprises sensibles (« Lemon Incest », « Charlotte forever »), une vraie communication avec le public, un groupe solide, mais hélas une fragilité vocale que l’espace cathédrale n’arrangeait pas. Dommage. 

Le parcours fut moins frustrant avec les percussions du groupe africain (Ouganda) Nihiloxica (halle 2) et le live techno du duo parisien Nova Materia, très efficace entre machines et voix, dans une halle 3 transformée en quai de métro bondé aux heures de pointe, option fournaise brumeuse.

Pour se rafraîchir et respirer une house soulful, mâtinée de disco, direction la halle 1, avec le phénomène canadien Jayda G, souriante, dansant derrière les platines et apte à redonner le sourire aux pires dépressifs. Une fin de set comprenant « Promised Land » de Joe Smooth, ça fait aussi toujours son effet. Comme l’arrivée pour la clôture de la reine de Chicago The Black Madonna, auréolée de visuels impressionnants pour un déluge de voix, de basses et de groove irrésistible. La fièvre du samedi soir, avec boule à facettes idéalement placée entre les halles 1 et 2.

Rodolphe Peté 

 

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