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Made Festival à Rennes : sous le soleil breton, la rave est bien party…

Made Festival à Rennes : sous le soleil breton, la rave est bien party…

23 mai 2018 | PAR Rodolphe Pete

«  Il fait beau, il fait chaud, il fait chapiteau! » Le slogan du festival Made à Rennes, du 17 au 20 mai, a tenu toutes ses promesses !

Car les organisateurs, pour leur troisième édition, ont bénéficié d’un chaud été breton en avance, même si les nuits demeurent encore fraîches. Le line-up prévu, juste perturbé par l’absence pour cause d’angine de Manu le Malin (remplacé par l’efficace trio Mod3rn de son compère Electric Rescue) promettait quatre jours de son en première classe. Avec un esprit respectueux des fondements de la rave, l’équipe emmenée par Rémy Gourlaouen et Thomas Mahé, a parfaitement atteint son objectif. En cinq temps. Celui des bars le jeudi, essentiellement gratuits, pour laisser les talents locaux s’exprimer pleinement dans une ville, et plus globalement une région, fertile en initiatives de tous styles. Les espaces publics (dont deux parcs) pour des après-midis propices à la détente en familles. La clôture en club, avec comme invité de marque Derrick May qui avait littéralement retourné le parc des expositions la veille. Le vendredi soir, pour une première nuit éclectique dans ce dernier lieu, que les habitués des Transmusicales de décembre connaissent par cœur.

Cette année, un chapiteau à l’extérieur du hall 9, baptisé Disco Ball Stage, accueillait dans l’ordre les locaux Blutch et DJ Steaw, le collectif parisien la Mamie’s et le virtuose des platines S3A qui a participé à la réputation des soirées Concrete à Paris. Pendant ce temps, dans l’immense salle pouvant accueillir au moins 5000 personnes (avec des gradins), où il faut lever la tête pour voir une décoration lumineuse originale, c’est l’un des créateurs lui-même qui ouvre la session. Jabba 2,3 (Rémy Gourlaouen) a tout le loisir de tester l’impressionnant dispositif sonore et surtout visuel. Le show mis en place par le directeur artistique Arnaud Laly, avec le cercle comme symbole récurrent de l’événement, n’a rien à envier aux concurrents aînés comme Nuits Sonores à Lyon. C’est proprement époustouflant et apte à faire (presque) totalement oublier l’immensité froide du lieu.

De quoi aussi mettre en valeur le live aérien d’Henrik Schwarz, toujours impeccable, avant le rouleau compresseur efficace même si sans surprise de Nastia, valeur montante de la scène européenne, qui ouvrait la voie à la démonstration du maestro Jeff Mills. L’Américain n’était pas venu à Rennes depuis sept ans. Il a ravi les amateurs de techno sombre, puissante, spatiale et mentale, jouant de sa boîte à rythmes comme d’un véritable instrument entre ses platines cds. Deux heures et demi d’un show tout en retenue intérieure mais aux puissants effets extérieurs. Nullement impressionné, le trio Mod3rn a repris la suite pour une clôture sans baisse de rythme jusqu’à l’aube.

Le lendemain, la même recette a donné des effets identiques : house à l’extérieur avec le duo Physical Behaviour, précédant le live très attendu de Leo Pol et les vétérans parisiens de Politics of dancing (Guillaume Paco et David Pod n’ont rien perdu de leur entrain malgré les années), cédant la place à la ravissante Cinthie (dont ce n’est pas la seule qualité bien sûr).

Pour se réchauffer, rien de tel que trois têtes d’affiches, après le warm-up de TOM, dans le hall 9. D’abord le live de Point G, alias DJ Gregory, grande figure de la house depuis deux décennies, qui a fait vibrer les clubbers. Une belle entrée en matière avant l’icône Derrick May, très en forme avec son indémodable signe de reconnaissance : un mix nerveux, très énergique, jamais linéaire, qui met en danger, se moque des scories et n’a qu’un but, faire danser jusqu’au bout de la nuit. A peine plus sage, l’Anglais Daniel Avery n’a pas usurpé sa réputation de dj passionnant. Une apothéose pour un festival qui mérite de grandir à son rythme et devenir très rapidement une référence au-delà de sa région.

Rodolphe Peté

(Photos Rodolphe Peté)

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Rodolphe Pete

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