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Astropolis hiver : le chiffre 7 porte bonheur à Brest

Astropolis hiver : le chiffre 7 porte bonheur à Brest

28 février 2018 | PAR Rodolphe Pete

Le chiffre 7 a dû porter bonheur. Car avec 3770 entrées payantes et près de 10 000 personnes au total pour l’ensemble des événements (dont certains gratuits et essaimés dans plusieurs quartiers et lieux emblématiques de la cité), la 7e édition d’Astropolis hiver a réussi son pari.

Le pari des organisateurs depuis le début de l’aventure, c’est celui de s’installer durablement à une période creuse de l’année (janvier auparvant), au coeur du froid (même si le soleil a brillé en cette avant-dernière semaine de février en rade brestoise). Véritable complément et préparation à la grand-messe que représente la vénérable Astropolis été (24e du nom début juillet), le rendez-vous hivernal se veut aussi éclectique qu’ambitieux avec projection, boum, table-ronde, animations dans les quartiers, spectacle pour les handicapés, en faisant partager au maximum la culture.

D’où l’idée d’investir de nouveaux lieux. Ce fut le cas le jeudi soir à la salle Pierre Mac Orlan de Recouvrance pour le concert d’un duo passionnant : la dj français Chloé et la percussionniste bulgare Vassilena Serafimova pour une relecture-hommage au grand compositeur Steve Reich. Un écrin parfait et une osmose réelle entre les deux artistes qui ont su captiver un public venu en nombre, séduit au point de réclamer un rappel bienvenu. Des voix, des percussions, un beat électro, des nappes envoûtantes, une belle entame avant le marathon du week-end…
Car il fallait garder de l’énergie pour les soirées sur le port de commerce. La Suite était dédiée samedi aux labels bretons, tandis que la Carène accueillait, vendredi et samedi, les deux nuits Bunker Palace qui affichaient complet. Entre les deux, les plus courageux ont pu découvrir le vaste ensemble des Capucins, de verre et de métal, pour des prestations électro au milieu des badauds, avec notamment le local techno de l’étape, Franck Kartell.

A la Carène, les amateurs de techno avaient un menu de choix le vendredi. Deux vrais vétérans du circuit, très différents, comme deux visages de l’histoire des rythmes électroniques. L’Américain DJ Stingray, figure de la scène made in Detroit, cagoule bien en place comme pour rappeler l’anonymat des pionniers du genre (Underground Resistance). Un savant mélange de pauses et de martèlements, de montées et de descentes particulièrement convaincant. Comme le live de Legowelt, dont la réputation n’est plus à faire depuis son hit « Disco Rout ». Le quadragénaire hollandais, au son immédiatement reconnaissable, n’a pas son pareil pour embarquer le spectateur dans un voyage sonore riche, percutant et jamais lassant. Dommage que la jeune prodige belge Charlotte de Witte ait préféré conclure par une techno autoroutière que les plus anciens connaissent bien depuis deux décennies. Rien de scandaleux, de raté ou d’improvisé, mais un relatif ennui qui a permis de découvrir dans l’espace club la révélation 2017, Gigsta, pour une prestation plus éclectique et original. A noter par ailleurs le live très roboratif du duo Deux Boules Vanille dans le hall.

Le lendemain au même endroit, ambiance house de bon aloi avec une progression parfaite : le trio local Sonci Crew, O’Flynn, Hunee et le maître américain Kerri Chandler, dont les créations ont bercé au moins deux générations. Qui n’a ainsi pas été chaviré par « Rain », « Heal my heart » ou « Bar A Thym »? Commençant doucement pour conclure la soirée, le maestro a emporté très vite l’adhésion avec des rythmes chaleureux, gorgés de percussions, de voix et de claviers, qui redonneraient le sourire au pire dépressif. Impossible d’ailleurs de résister à la bonne humeur ambiante quand, en plus, dans l’espace Club, Romain Play et son Camion Bazar avaient sorti toute la décoration nécessaire, bouée flamand rose bien en évidence… De quoi faire oublier les rigueurs de l’hiver.
Rodolphe Peté

(Photos : Rodolphe Peté)

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Rodolphe Pete

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