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Deux moments forts de musique de chambre au Festival de Musique de Menton

Deux moments forts de musique de chambre au Festival de Musique de Menton

14 août 2021 | PAR Victoria Okada

Outre les stars de la musique classique, des musiciens et formations rarement entendus en France sont toujours présents au Festival de Musique de Menton. Grâce à deux groupes de musique de chambre, nos expériences mentonnaises étaient heureuses avec le duo Alexander Chaushian (violoncelle) et Vahan Mardirossian (piano) et l’Aquinas Piano Trio.

 

La poésie vigoureuse du duo Chaushian – Mardirossian

Vahan Mardirossian et Alexander Chaushian n’ont pas choisi la facilité en proposant La Sonate en ré mineur op. 40 de Chostakovitch et la Sonate pour violon de Franck (version pour violoncelle), au Palais de l’Europe, le 9 août à 18 heures. La poignante Sonate de Chostakovitch est marquée par la tension des pianissimi par le violoncelle, alors que le son métallique du piano (inauguré quelques jours auparavant à peine) dans ses aigus renforce cette tension. Dans le Largo qui fait pendant de l’Allegro non troppo initial, le lyrisme romantique est constamment présent et nos deux musiciens traitent ce lyrisme de manière robuste, alors qu’ils usent d’une agitation parfaitement contrôlée dans les 2e et 4e mouvements .
Ils proposent ensuite la Sonate de Franck, elle aussi robuste et ferme. On sent un attachement sur quelque chose de très solide, terre-à-terre, même dans la douceur du mouvement initial et du Recitativo-Fantasia. L’élan vers le haut n’est pas privé de leur interprétation, dans le 2e mouvement notamment. Vers la fin de cet Allegro, l’humidité fait échapper l’archet de la main du violoncelliste, et ils l’ont rejoué en bis. Mais auparavant, la fameuse Vocalise de Rachmaninov rappelle leur poésie vigoureuse.

 

L’exaltation intense de l’Aquinas Piano Trio


L’occasion manque en France pour écouter l’Aquinas Piano Trio, qui est pourtant réputé dans les pays anglo-saxons pour ses prestations de très haute tenue. Conscients de notre chance, le lendemain à 18 heures nous nous rendons à la Saint-John’s Church, église anglicane tout récemment restaurée et rouverte après une fermeture qui a duré une dizaine d’années. L’acoustique est propice à la musique de chambre, la jauge (80 places ce jour, qui pourrait être presque doublé en temps normal) l’est aussi pour profiter de l’intimité liée au genre.
Outre un Trio de Haydn qui était un peu trop romantique à notre goût, le Trio Élégiaque n° 1 du jeune Rachmaninov et le Trio de Smetana sont somptueux, remplis de théâtralité rendue évidente par la virtuosité des musiciens. Les cordes dialoguent toujours en harmonie, autant dans des pages ardentes que tranquilles, alors que le piano s’affirme de manière toujours juste, avec un naturel surprenant. Le clair-obscur magnifiquement mis en valeur, leur interprétation ne nous a laissés indifférents à aucun moment. Une exaltation intense était au rendez-vous tout au long du concert. Et cela jusqu’au calme nostalgique de Oblivion de Piazzolla, joué en bis.

Nous avons également écouté le pianiste polonais Rafal Blechacz sur le parvis de la Basilique Saint-Michel Archange, toujours le 10 août, à 21 heures 30. Le programme suit une certaine filiation pianistique (Bach-Beethoven-Franck-Chopin), mais son interprétation était quelque peu défraîchie par les doigts qui, parfois, parcouraient le clavier systématiquement. Mais la Valse op. 64 n° 2 interprétée en bis était savoureuse, avec un visage différent à chaque motif repris.

 

Pour les comptes-rendus détaillés, visitez vivace-cantabile.com

Crédits photos : Chaushian, Mardirossian © Christian Merle ; Aquinas Trio © Victoria Okada

 

 

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