Musique

Dans le port de Rotterdam il y a des musiciens pas classiques

Dans le port de Rotterdam il y a des musiciens pas classiques

12 septembre 2012 | PAR Bérénice Clerc

Le Gergiev festival offre une occasion musicale de choix pour découvrir ou retrouver Rotterdam en septembre quand le soleil caresse encore l’eau et une brise légère fait valser les moulins.

Depuis 17 ans le Gergiev festival, coordonné artistiquement par le talentueux et passionné Jelle Dierickx, s’imprègne de l’ambiance de Rotterdam et connaît toujours plus de succès. Grande victime des bombardements de la seconde guerre, la ville est neuve, toujours en construction, gorgée de bâtiments toujours plus modernes. La place de l’eau est très importante, son port est le plus grand d’Europe, il communique avec le monde entier et s’étend à perte de vue jusqu’à la mer.

Fort de ce lien avec l’eau, le Gergiev festival offre un cycle de trois saisons sur le thème de la mer et vous. Musiciens, compositeurs, poètes, artistes tissent des liens visibles ou invisibles avec les eaux. Une programmation ambitieuse et réfléchie pour tous, les amateurs et passionnés de musique classique mais aussi les enfants ou les habitants de la ville et d’ailleurs pensant que la musique classique ne serait pas pour eux…

Du 7 au 15 septembre 2012 il y en a pour tout le monde. Toute la Culture a eu la grande chance d’assister au concert du Scottish Circus, avec dégustation de Whisky, et au brillant récital de piano proposé par Lise de La Salle. Deux programmes totalement différents mais riches d’amour de la musique et des spectateurs. Le Scottish Circus avait préparé un concert de musique traditionnelle avec en son milieu une pépite de John Cage composé spécialement pour eux. 30 minutes de musique en mouvement, des sons toujours au bord de la chute, en équilibre sur une portée instable tirée d’un bout à l’autre de la salle par des musiciens engagés, passionnés et heureux de partager une expérience spatiale et musicale unique. Une rare mise en danger absolument réussie par le Scottish Circus en grande forme. Pour changer des concerts trop classiques, une dégustation d’excellent whisky était proposée trois fois au cœur du concert. Sur fond de flûte traversière et de harpe une dame devait expliquer comment découvrir et apprécier le whisky mais les subtilités de la langue flamande sont restées hélas impénétrables… Les spectateurs riaient et goutaient avec joie aux saveurs écossaises.

Le lendemain, après avoir expérimenté le Watertaxi filant à grande vitesse sur l’eau et le Spido, attraction touristique intéressante car elle offre un panorama unique sur le port vu de l’intérieur et livre des informations historiques et actuelles sur ses activités impressionnantes, Lise de la Salle nous a offert un concert exquis.

Une salle hélas loin d’être comble mais riche de spectateurs attentifs ouvrit grand ses bras pour accueillir la jeune pianiste française. Sous des apparences fragiles, elle installe dès le début une ambiance musicale dense et une détermination forte et axée sur l’interprétation sans partition de Fantaisie in d, KV 397 de Mozart, puis l’exceptionnel Saint François de Paule marchant sur les flots (uit Deux Légendes) de Liszt et la transcription du Isoldes Liebestod de Wagner par Liszt.

Un programme tout en finesse, une montée en puissance régulière, expressive mais sans exubérance ni fausses émotions, simple, sensible, claire et épatante du début à la fin. Les notes semblent lui parvenir directement du ciel et inonder ses doigts de couleurs multiples avec une générosité timide, réservée comme celle des jeunes filles romantiques.

Lise de la Salle est dans sa musique, salut sans sourire, reste concentrée et propose pour le rappel un Nocturne de Chopin avant de clore sur un prélude de Debussy et enfin un sourire enfantin et joyeux. Le monde entier nous l’arrache, Lise de La Salle ne jouera hélas pas à Paris avant février 2014…

Rotterdam et ses habitants sont accueillants, si ce n’est le fromage, leur gastronomie n’est pas unique mais les lieux comme l’Hôtel New York, le De Unie ou le SS Rotterdam, immense paquebot unique qui traversa le monde et l’Atlantique avec à son bord Jackie Kennedy ou Franck Sinatra par exemple, sont à visiter pour leurs saveurs rétro, historique et nostalgique.

Les musées sont nombreux, maritime, d’architecture, de photo, d’histoire ou d’art ils sont à visiter une fois sur place et cache parfois de petits jardins où déguster une pâtisserie,un café.

Les fous de shopping trouveront largement leur compte au cœur de la ville et les noctambules aussi.

Il ne faut surtout pas oublier de visiter Delfshaven, à 10 minutes de métro du centre, une ville pittoresque au bord de l’eau, des terrasses au soleil, une brasserie unique, l’église des « pères pèlerins », d’où partirent les pèlerins avant de rejoindre l’Amérique en 1620. Une belle vision de l’apparence de Rotterdam avant les bombardements.

Grâce au Thalys, où l’accueil est humain, il faut à peine 2h30 pour rejoindre Rotterdam depuis Paris. Moins de 45 minutes de trajet en train d’Amsterdam à Rotterdam… Culture, architecture, shopping, balades, Gergiev Festival, autant de bonnes raisons de découvrir les charmes multiples de Rotterdam.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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