Musique

Concert de The Abyssinians au Cabaret Sauvage le 7 janvier

02 janvier 2011 | PAR Mikaël Faujour

Vendredi 7 janvier, le Cabaret Sauvage accueille un trio exceptionnel : The Abyssinians, célèbre groupe de reggae formé en 1968, lors de l’émergence de cette musique.

Bernard Collins, Donald et Linford Manning forment le groupe en 1968 et enregistrent leur première chanson, « Satta Massagana », dans les studios de Coxsone Dodd. Ce dernier n’est pas totalement emballé par ce titre chanté en amharique (langue parlée en Ethiopie, en Israël, « Satta Massagana » signifiant « Give Thanks »), mais le trio ne perd pas espoir, crée son label, Clinch, et rachète le morceau à Dodd. Le succès ne se fait pas attendre et celle-ci résonne bientôt jusqu’en Europe, comme l’hymne rasta prônant la supériorité du roi Sélassié Ier.

L’album homonyme sort en 1976 et devient un classique du reggae roots, comprenant 10 titres, aussi fort les uns que les autres dans le message qu’ils transmettent : l’égalité des droits entre les Noirs et les Blancs (la bourgeoisie blanche « dirige » toujours l’île, malgré l’indépendance en 1962), avec par exemple le titre « Declaration of Rights », des titres à fort caractère religieux, rastafarien, comme « Know Jah Today », ou encore « The Good Lord », des titres rappelant l’origine des Noirs jamaïcains, à savoir les esclaves venus d’Afrique, et la séparation forcée avec leurs frères, comme l’exprime la chanson « African Race ». Musicalement, l’album recèle une grande variété d’instruments et de rythmes, avec notamment une présence importante de la flûte, particulièrement dans la chanson « The Good Lord ». C’est Clive Hunt, le producteur de cet album et célèbre musicien jamaïcain ayant travaillé avec Byron Lee et The Dragonaires, qui joue de la flûte, du clavier et du cor d’harmonie, trois instruments clés de cet album. Il faut préciser que pour créer un tel album, The Abyssinians se sont entourés des meilleurs musiciens, puisqu’aux côtés de Clive Hunt se tenaient Earl « Chinna » Smith à la guitare, Sly Dunbar à la batterie et Robbie Shakespeare à la basse.

Le groupe sort plusieurs albums après Satta Massagana, comme l’excellent Arise, et leur premier album est réédité, plusieurs fois, et sous différents titres (en Europe, celui-ci se nomme Forward on to Zion). Heartbeat Records en sort une réédition en 1993, comprenant 4 nouvelles chansons, et une édition deluxe en 2007. On découvre alors des titres excellents, comme « There Is No End » (où la guitare est exquise) ou encore « Reason Time », mené par les percussions.

Les trois artistes sont des piliers du reggae roots et même des artistes déjà considérés comme étant eux-mêmes des piliers ont repris les chansons du groupe, à l’image de Don Carlos, qui reprend « Satta Massagana » mais aussi « Declaration of Rights ».

Le concert de samedi est donc un événement incontournable pour les fans du genre. La première partie sera assurée par Agana, jeune artiste reggae d’origine ivoirienne, et Rachel & friends, et la soirée sera ambiancée par Eazy’ya Selecta.

Le Cabaret Sauvage
29€ sur place / 26€ avec prévente
M° Porte de la Villette (ligne 7)

Infos pratiques

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Mikaël Faujour

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